Bruxelles: arrestations massives d’antiracistes en marge d’une manifestation islamophobe


Par Rédigé le 04/04/2016 (dernière modification le 04/04/2016)

33 manifestants antiracistes, dont le président de la Ligue belge des Droits de l’Homme, ont été arrêtés, samedi 2 avril 2016, place de la Bourse à Bruxelles. Ils avaient l’intention de se rassembler pour protester contre l’islamophobie et voulaient également dénoncer la présence de l’extrême droite dans les rues ainsi que la coopération des autorités avec celle-ci.


Photo (c) MediActivista

Arrestations antiracistes.mp3  (1.5 Mo)

"Expulsons les islamistes", voilà le mot d’ordre avec lequel "Génération Identitaire", un groupuscule d’extrême droite, a appelé ses militants à manifester samedi 2 avril 2016, à Molenbeek. La bourgmestre de la commune bruxelloise, Françoise Schepmans, a immédiatement interdit ce rassemblement par voie d’arrêté de police. Un arrêté du ministre-président de la Région bruxelloise Rudi Vervoort a ensuite posé une interdiction générale de manifester ce jour-là, sur l’ensemble du territoire régional.

Malgré cette interdiction, l’appel à la mobilisation était toujours présent sur le site de "Génération identitaire" et, sur les réseaux sociaux, certains de leurs militants invitaient à se rendre tout de même sur place. Afin de contrer la présence potentielle de l’extrême-droite dans les rues de Bruxelles, de nombreux antiracistes se sont ainsi dirigés vers la place de la Bourse.

Un appel au rassemblement pacifiste sur cette même place, lancé par les Jeunesses Libertaires, les JOC ("Jeunes Organisés et Combattifs") et "Bruxelles est à nous", avait en outre pour but de faire preuve de solidarité avec les personnes de confession musulmane et les habitants des quartiers populaires, victimes à la fois des attentats et de l’islamophobie que ceux-ci ont fait croître.

Cependant, déjà bien avant l’heure de début du rassemblement, toutes les personnes soupçonnées d’être des manifestants ont été appréhendées par les forces de l’ordre, présentes en grand nombre sur la place de la Bourse.


Arrestation d'Alexis Deswaef. Photo (c) MediActivista
Alexis Deswaef, président de la Ligue belge des droits de l’Homme, a ainsi été l’un des premiers à se faire arrêter, alors même qu’il était venu seul, en tant que simple citoyen. De nombreuses autres personnes identifiées comme militantes, dont certaines installées à la terrasse d’un café, ont également été arrêtées. Au moins un journaliste a connu le même sort. Selon la police, ces arrestations administratives s’inscrivent dans le respect de l’arrêté interdisant les rassemblements dans la région.

Pendant que les manifestants pacifistes se faisaient arrêter place de la Bourse, une trentaine de manifestants islamophobes menaient de courtes actions dans différentes communes de Bruxelles. Après s’être rassemblés dans un centre culturel de la commune de Dilbeek, ils se sont rendus à Molenbeek, où ils ont brandi une banderole "On est chez nous", puis ils ont rejoint l’Atomium.

A Molenbeek, une trentaine de personnes se sont faites arrêter tandis qu’elles tentaient de faire blocage à ces manifestants hostiles. Au total, seuls sept militants d’extrême-droite ont été appréhendés.

Rappelons que le 27 mars 2016, des centaines de hooligans violents, tenant des propos haineux, avaient quant à eux eu accès à la place de la Bourse alors que la "Marche contre la peur" qui y était prévue avait dû être annulée pour des raisons de sécurité.






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