Bukavu : Vacciner pour faire barrage au poliovirus sauvage


Par Lech Walassa Mulondani Rédigé le 07/05/2009 (dernière modification le 07/05/2009)

La confiance revient entre parents et autorités sanitaires dans le cadre de la vaccination pour protéger les enfants du poliovirus sauvage qui refait surface dans les pays limitrophes de l’Est de la RD Congo.


Au Sud Kivu plus de 570 mille enfants âgés de zéro à 59 mois ont été vaccinés contre le virus sauvage de la poliomyélite au cours de la campagne organisée en avril 2009. Ce chiffre représente 123% de 461 mille enfants ciblés. Le médecin coordonnateur du programme élargie de vaccination à l’inspection provinciale de la santé au Sud Kivu le docteur PIKO BOKUMU a précisé que l’excédent de 109 mille enfants a été consécutif au mouvement des populations déplacées fuyant les guerres et l’exode rural.
Vacciner pour protéger les enfants congolais.
Selon l’Inspection de la santé, l’organisation de cette campagne de vaccination avait pour objectif d’arrêter la circulation du poliovirus sauvage et d’analyser la situation sanitaire afin d’identifier les problèmes liés à la persistance du poliovirus sauvage, vacciner les enfants non atteints pendant les campagnes précédentes. 16 zones de santé du Sud Kivu ont été retenues pour cette campagne à la suite de la notification de deux nouveaux cas du poliovirus sauvage identifiés au Soudan et en Ouganda. Etant donné le risque d’extension aux villes voisines de la RD Congo notamment Isiro, Bunia, Aru, Bukavu, Goma et Kindu, il a été décidé d’élargir cette campagne afin de prévenir la réintroduction du virus de la poliomyélite.
Porte à porte pour atteindre tous les enfants
Les équipes de vaccination ont fait du porte à porte pour atteindre tous les enfants concernés. Un agent de vaccination affirme sous anonymat que certains parents ne facilitent pas l’accès aux équipes de vaccination à leurs enfants. Le ministre provincial de la santé et des affaires sociales Prosper BIRAKAHEKA rappelle que les suspicions sont nées à l’époque de la rébellion. Des allégations non vérifiées attribuaient des effets négatifs au vaccin. Certains sont allés jusqu’à affirmer que la fréquence de campagnes de vaccination visait à exterminer les nouvelles générations au Congo. Et de constater que la confiance revient petit à petit entre parents et autorités sanitaires. Tant mieux !
Encore beaucoup à faire

La vaccination de routine pose problème avec des ruptures de stock de plusieurs mois dans les formations médicales appelées à assurer le service de vaccination pour protéger les enfants contre diverses maladies. Des milliers d’enfants de zones inaccessibles comme Shabunda, Mwenga et les hauts plateaux de Fizi et Uvira car encore sous l’emprise de ceux qu’on appelle ici les ‘‘combattants des forces négatives’’ n’ont pas eu la chance d’être vacciner pour la grande majorité d’entre eux. Le ministère provincial de la Santé annonce que la vaccination de routine sera renforcée dans ces zones. Mais quand on sait que des opérations de traque des forces négatives rwandaises sont annoncées pour bientôt, il y a lieu de se demander si les enfants qui seront dispersés par ces opérations seront atteints par les équipes de vaccinateurs. Il y a quelques jours le bureau de coordination de la société civile du Sud Kivu a fait une déclaration dans laquelle elle a souhaité que des mesures spéciales de protection soient prises en faveur des populations civiles.






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