CEDEAO: les ministres de l’eau approuvent la directive sur les infrastructures hydrauliques


Par Rédigé le 10/12/2015 (dernière modification le 10/12/2015)

Réunis à Dakar pour la 4e Session du Comité Ministériel de Suivi (CMS) de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) en Afrique de l’Ouest, les ministres ont pris d’importantes décisions. Notamment, le comité a approuvé la directive CEDEAO sur le développement d’infrastructures hydrauliques.


Une vue de la salle au cours de la cérémonie d'ouverture. Photo (c) Marcello / IUCN

CEDEAO Dakar  (213.8 Ko)

La Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) connaît désormais une coordination renforcée en Afrique de l’Ouest. C’est l’une des principales décisions issues de la session du Comité Ministériel de Suivi. Alors que le Cadre Permanent de Coordination et de Suivi (CPCS) de la GIRE ne s’est pas réuni depuis 2008, cette session aura permis aux ministres en charge de l’eau de l’espace CEDEAO, de faire le bilan de la mise en œuvre de la GIRE dans la région, d’échanger sur les initiatives menées par le Centre de Coordination des Ressources en Eau (CCRE) de la CEDEAO et ses partenaires et de définir les orientations pour le futur.

En effet, pour tous les pays de l’Afrique de l’ouest qui se sont engagés dans la GIRE, répondre aux multiples défis de la gestion durable des ressources en eau en Afrique de l’Ouest, passe par le renforcement des capacités de la CEDEAO. "Il est indispensable que la CEDEAO renforce ses capacités humaines, techniques et financières afin de toujours mieux coordonner l’opérationnalisation de la GIRE au niveau régional", a déclaré Diène FAYE, Secrétaire d’État à l’Hydraulique, représentant le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal. C’est aussi pour tous ces pays, une manière de reconnaitre l’importance de l’eau qui constitue un facteur clé du développement.

Mais aujourd’hui, les enjeux de sa gestion sont nombreux et se posent en termes de lutte contre la pauvreté pour la satisfaction des besoins fondamentaux d’une population en augmentation croissante, de préservation et valorisation de la ressource, et de renforcement de l’intégration régionale pour anticiper les crises climatiques et politiques liées à l’eau.
Pour le Directeur régional du programme Afrique Centrale et Occidentale de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), Pr Aimé J. NIANOGO, "l’eau est la ressource des ressources naturelles puisque sans elle il n’y a pas de vie et encore moins de biodiversité. C’est une ressource que se disputent des acteurs de niveaux de culture et d’objectif souvent très diversifiés, voire contradictoires. Elle est plus rare dans les zones arides et semi arides du continent mais elle reste partout, un enjeu vital".

La directive CEDEAO sur le développement d’infrastructures hydrauliques adoptée

Photo de famille de tous les participants. Photo (c) Marcello / IUCN
La deuxième grande décision prise au cours de cette session est l’approbation de la directive CEDEAO sur le développement des infrastructures hydrauliques. Le Conseil qui a reconnu une fois encore l’importance des infrastructures hydrauliques, a recommandé d’investir pour leur développement pour une meilleure protection de la ressource en eau.
A cet effet, le conseil encourage la CEDEAO et l’UICN à poursuivre le processus de promotion de l’approche de gestion intégrée des écosystèmes en Afrique de l’Ouest en vue de l’adoption par les instances politiques de la CEDEAO, d’un Mécanisme Régional de Concertation sur la Gestion Intégrée des Écosystèmes. Un processus qui fait suite au dialogue conduit par le Centre de Coordination des Ressources en Eau de la CEDEAO entre juillet 2009 et juillet 2011. Ce dialogue sur barrages avait abouti à des lignes directrices qui ont été traduites en projet de directive sur le développement d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l’Ouest.

Aujourd’hui, environ 150 barrages ont été construits en Afrique de l’Ouest et on dénombre près de 40 autres en cours de réalisation. La construction de ces grandes infrastructures hydrauliques devrait permettre aux pays de satisfaire leurs besoins en énergie et en irrigation pour la sécurité alimentaire et ce, dans un contexte de variabilité climatique.
Plus encore, ces projets de développement qui concourent à l’intégration régionale dans le secteur de l’eau en Afrique de l’Ouest, participent au développement durable.

"Le développement des infrastructures hydrauliques s’inscrivant résolument dans le concept de développement durable est une garantie pour le partage équitable des bénéfices pour toutes les populations, avec le moins d’impacts négatifs possible sur l’environnement, des performances économiques optimales, et un renforcement de l’intégration régionale dans les bassins transfrontaliers", explique Jamie Skinner, Directeur de la Global Water Initiative à l’Institut International pour l’Environnement et le Développement.

Avant cette 4e session du Comité Ministériel de Suivi de la GIRE du 27 novembre 2015, il y a eu la tenue de la 10e Session du Comité Technique des Experts (CTE) qui a permis de préparer des recommandations à soumettre aux ministres pour adoption sous forme de résolutions. Elle a été organisée par le Département chargé de l’Agriculture, l’Environnement et des Ressources en Eau de la CEDEAO, à travers le CCRE, avec le soutien de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l’Institut International pour l’Environnement et le Développement (IIED) dans le cadre des programmes Global Water Initiative (GWI) et Partenariat pour la gouvernance environnementale en Afrique de l’Ouest (PAGE). Elle a été cofinancée par la Commission de la CEDEAO, les coopérations britannique et suédoise (UKAid et Asdi) et la Fondation Howard G. Buffett (HGBF).






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