D'Alexandrie à Bordeaux par les terres 12


Par Aude THEPENIER Rédigé le 31/10/2008 (dernière modification le 08/12/2008)

Aude vit en Égypte à Alexandrie depuis deux ans et demi et a envie de regagner pour l’été son Bordeaux natal de façon plus originale qu’un banal voyage en avion. Jeanne vit à Bordeaux et a besoin d’évasion, c’est l’occasion rêvée pour rendre visite à son amie en Égypte et d’entreprendre un voyage inoubliable autour de la Méditerranée.
Road-movie dans les Balkans (2)


Le bus de Berat nous dépose au milieu d’un boulevard à Tirana. Un peu désarçonnées, on demande la gare de bus car nous voulons rejoindre directement le Monténégro. On nous indique une direction vague, que l’on suit à pied et sac au dos. Ne voyant finalement rien venir, on interroge les passants, on consulte notre guide. Renseignement pris, il s’avère qu’il n’y a pas de station de bus centrale à Tirana, seulement des points de départ de minibus à tel ou tel rond-point ou carrefour, qui plus est fluctuants. On tente de rejoindre alors le rond-point de départ pour le Nord, mais en l’absence d’un plan de Tirana très précis et avec des informations contradictoires venant des locaux, on finit par renoncer après une heure d’errance… Un taxi finira par nous déposer à bon port, ouf, près d’un minibus improbable stationné dans un coin d’un rond-point et qui part bien pour Shkodra au Nord de l’Albanie. C’est étrange de voir comme le système de transports fonctionne de façon complètement informelle, dans une ville qui paraît pourtant assez moderne. On ne regrette pas de ne pas s’attarder plus longtemps à Tirana et de ne pas faire le tour des monuments post-communistes de la ville… On arrive à Shkodra à la nuit tombée, encore une ville albanaise étrange, où l’on n’arrive pas à se situer dans le temps et dans l’espace.

Crazy taxi

Malheureusement, on apprend vite que les minibus pour Ulcinj au Monténégro ne circule plus à cette heure-ci, il faut attendre le lendemain matin. Un taxi vient nous proposer ses services… rebelote pour des hésitations et des négociations infructueuses. Il faut que nous soyons à Ulcinj cette nuit car le seul bus en direction de la Croatie y part à 5h du matin d’après notre guide, qui jusque-là a fourni des informations limitées mais plus correctes que la plupart des offices de tourisme sur notre route. On s’embarque donc une fois de plus dans un taxi sur les routes des Balkans. Il se trouve que notre chauffeur est particulièrement comique, il s’appelle Giovanni et il mélange l’albanais avec les quelques mots d’anglais et d’italien qu’il connaît, ça donne un mélange aussi cocasse qu’incompréhensible. Il rigole tout le temps, mais encore plus quand il nous demande où on veut aller à Ulcinj et qu’on lui répond… en discothèque. Cela nous est venu à l’idée qu’il fallait trouver un lieu ouvert jusqu’à l’heure du bus, d’où… « Discotheca ?! Hahaha ! » Il ne s’en remet pas de nous imaginer avec nos sacs de randonneuses en boîte de nuit. A tel point que l’on finit par avoir un énorme fou rire nous aussi et on se tord de rire à chaque fois qu’il ouvre la bouche. Il ne le prend pas mal et le trajet est plutôt joyeux… D’autant que pour finir, arrivés à la frontière monténégrine, une file de voitures interminable attend son tour au poste de douane. D’abord catastrophé par ces deux heures de queue en perspective, il prend soudain les choses en main sans que l’on demande rien et double tout le monde par le bas-côté, échange quelques mots avec les douaniers puis file, tout content de sa manœuvre ! Il nous révélera alors qu’il leur a également glissé un billet de 10 € pour appuyer sa cause de pauvre taxi avec deux touristes françaises prises dans les embouteillages transfrontaliers…

Une nuit au Monténégro

Une fois arrivés à Ulcinj, Giovanni ne veut pas se résoudre à nous laisser errer de cafés en discothèques et entreprend de nous chercher un logement, démarchant les petites pensions et locations de chambres. Ulcinj est une station balnéaire au Sud du Montenegro, très fréquentée en été. Etrange en revanche, sur la rue principale dans laquelle on se trouve, il n’y a pas la mer, et on ne la verra pas tant notre passage au Montenegro sera éclair… Dernier État créé en Europe suite à sa séparation de la Serbie (en 2007), la monnaie officielle du Montenegro n’est autre que… l’Euro, même s’il ne fait pas partie de l’Union Européenne. Persévérant, Giovanni nous trouve finalement une petite mamie avide du moindre sou qui accepte de nous louer une chambre bon marché pour la courte nuit qui nous sépare de notre bus. Elle loue visiblement des chambres à la haute saison pour arrondir ses fins de mois, c’est un peu vieillot et poussiéreux mais suffisant pour quelques heures de sommeil. Au petit matin, intense activité à la station de bus, apparemment c’est une heure normale de départ pour beaucoup de destinations. Mais au moins on apprécie qu’ici il y ait bel et bien une station centrale ! Le long de cette route qui borde la côte croate, le paysage est magnifique sous la lumière du matin, et après quelques heures, on voit soudain se dessiner la côte fortifiée de Dubrovnik…


Tags : Alexandrie



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