DOSSIER: L'or noir, une bénédiction et une malédiction -6-


Par Simon Yefou Rédigé le 11/05/2011 (dernière modification le 11/05/2011)

Le pétrole qui est une matière première et une source d'énergie de première importance représente pour ceux qui la possèdent une source de puissance, de richesse et d'opulence, mais aussi et surtout de graves nuisances.


Photo (c) Vaughan Weather
L’Algérie est le pays de tous les paradoxes avec ses ressources pétrolières débordantes. En effet, les multiples chocs pétroliers passés ont de plus en plus enrichi l’État algérien alors que la population s’est de plus en plus appauvrie. Les autorités algériennes ont investi l’argent du pétrole dans de mégaprojets industriels qui se sont révélés non rentables. C’est cette pauvreté qui a fait en sorte que la population algérienne vote en majorité pour les fondamentalistes du Front Islamique du Salut (FIS) au début des années 90. Ayant été privé de sa victoire, le FIS et d’autres Groupes Islamiques Armés (GIA) ont plongé l’Algérie dans une sanglante guerre civile dont les séquelles sont loin d’être terminées de nos jours.

Le Cameroun qui est devenu un modeste producteur de pétrole à la fin des années 70 a été marqué par une gestion opaque de l’argent de l’or noir. Le Directeur Général de la Société Nationale des Hydrocarbures est allé jusqu’à affirmer sur les ondes des antennes nationales qu’il n’avait de compte pétrolier à rendre qu’au Président de la République. Depuis les années 90, certains ressortissants des 2 régions anglophones du pays ont créé un mouvement sécessionniste appelé Southern Cameroon National Council (SCNC) qui vise à obtenir l’indépendance de ces 2 régions où est produit tout le pétrole camerounais. Depuis lors, le gouvernement de Yaoundé a engagé un bras de fer avec ce mouvement en proclamant l’indivisibilité de la République du Cameroun. En 1993, le dictateur nigérian Sani Abacha annexa militairement la péninsule pétrolière de Bakassi qui depuis les traités signés entre les puissances coloniales appartenait effectivement au Cameroun. Le 10 octobre 2002, la Cour Internationale de Justice de La Haye a rendu un arrêt reconnaissant la camerounité de cette presqu’île. En application de cet arrêt, la cérémonie de rétrocession au Cameroun de Bakassi par le Nigeria s’est déroulée le 14 août 2008 à Calabar au Nigeria. Depuis lors, cette péninsule est devenue le fief de plusieurs bandes armées qui posent des problèmes graves de sécurité pour le Cameroun, le Nigeria et la Guinée équatoriale.






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