Dans son livre 'Les Banksters', l'avocat Alain Bousquet dénonce le scandale des frais bancaires abusifs


Par Gilles Carvoyeur Rédigé le 08/03/2010 (dernière modification le 17/04/2018)

Pour la huitième fois consécutive, les banquiers étaient convoqués par Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde. Ils se sont engagés à prêter 96 milliards d’euros aux TPE et PME. Un chiffre qui suscite un certain scepticisme. Un sentiment partagé par Maître Alain Bousquet, avocat d'Antibes créateur en 1994 d'une association contre les abus bancaires qui deviendra la Fédération Nationale Contre les Abus Bancaires.


La justice est majoritairement sourde, muette et aveugle, donnant systématiquement raison aux banques

Dans son livre, les Banksters, il explique que le métier de banquier s'est profondément modifié dans les vingt dernières années à la suite du vote de lois qui ont permis la mise en place d'un système déshumanisé et surtout contraire au rôle éminemment social d'un banquier.
"Ces lois, comme tant d'autres, sont votées et mises en application sans attirer l'attention du grand public et même de la presse" déplore l'avocat, inscrit au barreau depuis 1971.
Plus personne ne peut nier aujourd'hui la réalité et la gravité de la crise qui frappe la France et l'ensemble des pays du monde.
Une crise financière au départ qui s'est transformée en suite en crise économique et dont on voit tous les jours les conséquences désastreuse : fermeture d'entreprises, chômage de masse, précarité et pauvreté en constante augmentation.
"Les financiers, prédit encore Maître Bousquet, s'en sortiront et rattraperont leurs pertes. Mais pour les citoyens, les frais bancaires et tout cet argent placé est perdu définitivement, par la faute des financiers".

Ce système qui frise l'escroquerie est basé sur une facturation fantaisiste. "Il ne repose sur aucune étude sérieuse du prix de revient de l'opération augmenté augmenté du bénéfice," écrit Alain Bousquet dans son livre les Banksters. "Demandez donc à une banque comment elle a chiffré le prix de revient de telle ou telle opération ? Aucune ne sera capable de répondre. La tarification est parfaitement farfelue. Elle ne correspond à aucun coût individualisé".
Encore un autre exemple : la même opération est facturée à un prix différent dans deux banques de taille similaire. Est ce que l'une de ces deux banques gèrent moins bien que l'autre ? "Dans presque toutes les établissements, la facturation est 20% plus chère pour les particuliers que pour une entreprise. Ce système est catastrophique", ajoute Maître Bousquet, "car il frappe surtout les particuliers et les entreprises en difficulté ainsi que bien sûr, les plus pauvres. Ces derniers voient leurs difficultés considérablement aggravées par les frais sanction, ceux qui les plus usités par les banques. Ces clients n'osent pas protester du fait de leur fragilité. Ils n'osent pas réagir de peur de voir leur situation empirer."

"Le banquier n'a jamais été l'ami du client, assure encore Alain Bousquet. Mais ces dernières années, il est devenu un danger pour le client",
assure t-il.
Ni l'État, ni la justice ne forment un rempart protecteur. L'État laisse faire et plus grave il se fait complice du système. Car la justice est majoritairement sourde, muette et aveugle, donnant systématiquement raison aux banques quand elles sont attaquées en justice.
C'est pourquoi, bien qu'avocat, Maître Bousquet conseille peu souvent la voie juridique à ses clients et aux victimes des abus bancaires. Son crédo : c'est la médiatisation des affaires, car seule la médiatisation permet de faire bouger les choses.

Il ne faut pas s'étonner de voir, un peu partout en France, des clients mécontents des frais bancaires abusifs manifester devant les banques. Dernier exemple en date :
A Besançon, le samedi 6 mars dernier : à l'initiative de l'ANDIEP, un collectif de commerçants et de PME, en guerre contre leur banque.
Daniel Duchêne et son équipe sont allés vers le centre-ville pour déployer leurs banderoles. « Halte aux abus bancaires ! » « Assez d'être les vaches à lait des banques ! » Ainsi, Daniel Duchêne et ses équipes demandent des accords généraux avec les banques, voire une intervention politique. "Nous avons remis un rapport contenant des pages de pratiques irrégulières aux équipes d'Alain Joyandet et Marie-Guite Dufay." "Par ailleurs, nous allons tenir un fichier des abus bancaires répertoriant les directeurs d'agences aux pratiques douteuses." "Les frais bancaires abusifs, les fermetures de crédits intempestifs conduisent à des fermetures de PME, précarisent des particuliers. Cela ne peut plus durer !" C'est exactement depuis quinze ans le combat d'Alain Bousquet.
Il semble qu'en ces temps de crise économique, son message soit désormais mieux perçu.

Les Banskers (19 Euros) est un livre publié aux Éditions RES PUBLICA
Alain Bousquet est avocat depuis 1971.
De 1987 à 1993, il prend conscience que les lois bancaires sont réformées dans un sens très défavorable aux clients. Certaines d'entre elles peuvent être qualifiées de lois scélérates. Il est clair que ces lois par leurs effets négatifs vont nuire à l'économie et entraîner des drames sociaux.

Fédération Nationale Contre les Abus Bancaires :
175 allée Bellevue, Les Terriers Nord 06 600 ANTIBES
TEL : 04 97 21 94 48
Site Internet : http://www.lecaab.com






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