Darknet : un pédocriminel a été arrêté


Par Rédigé le 30/07/2020 (dernière modification le 29/07/2020)

Un homme de 40 ans, considéré comme l'un des dix pédocriminels les plus recherchés au monde, a été interpellé en Gironde, et "a souhaité collaborer avec la justice", a assuré son avocat à l’AFP en disant que son client est "pris dans un engrenage", et dans une "arrestation quasi salvatrice".


Il donnait l'apparence d'une personne ordinaire

Les sites de marché du Darknet proposent tous types de biens et services illégaux (C) societybyte
"Depuis sa garde à vue, puis devant le juge d’instruction, il a souhaité collaborer avec la justice et présenter ses excuses pour ce qu’il avait fait […], ce n’est pas quelqu’un qui est dans une négation de l’horreur", a déclaré son avocat Simon Takoudju. "Il s’est senti pris dans un engrenage avec l’impossibilité d’en sortir […]. Depuis des années, il aurait voulu stopper tout cela. Cette arrestation quasiment salvatrice lui permettra […] peut-être de trouver les raisons qui l’ont poussé à faire cela", a-t-il ajouté.

Selon une source proche du dossier, cet homme, d'une quarantaine d'années donnait l’apparence d'"une personne lambda", il était domicilié à Frontenac, village reculé à l’est de Bordeaux, où il vivait avec ses trois enfants et sa femme.

Il y menait une existence "extrêmement discrète", selon la maire Josette Mugron, qui n’a d’ailleurs retrouvé aucune trace de lui sur les listes électorales. Des habitants croisés par les journalistes s’étonnent aussi : "Comment a-t-il pu faire ça dans ce village ? C’est perdu, ici. Comment a-t-il pu avoir les moyens techniques ? Ici, on n’est pas équipés."

Le quadragénaire a été mis en examen à Bordeaux le 9 juillet, soupçonné d’avoir alimenté depuis chez lui des plateformes pédopornographiques accessibles à des "milliers de personnes" dans le monde, sur le Darknet, partie cachée du réseau Internet classique, où les échanges sont totalement anonymisés.

Il est également mis en examen pour viols sur ses deux fillettes

"seul, devant son ordinateur" (C) La Croix
Ce père de famille est également mis en examen pour viols sur ses deux fillettes, qu’il mettait en scène dans des contenus filmés qu’il produisait. Cet autodidacte de l’informatique, cantonnier travaillant sur "trois ou quatre communes proches", se livrait à ses activités parallèles le plus souvent "la nuit", "a priori, sans éveiller les soupçons de sa femme", selon la source proche du dossier.

Le quadragénaire était dans le radar des services de lutte contre la pédocriminalité depuis 2014, au point d’être "devenu l’une des dix cibles prioritaires mondiales", selon la justice. Pour son avocat, il n’aurait pas eu "conscience de la dimension qu’il pouvait avoir", "seul, devant son ordinateur".

Grâce à une cyberinfiltration, les policiers spécialisés de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), en collaboration avec l’office de police européen Europol, avaient fini par identifier son adresse IP. Interpellé le 7 juillet près de son domicile, il a reconnu les faits et se trouve aujourd’hui en détention provisoire.
Le juge d’instruction qui a repris le dossier aura encore "de nombreuses investigations à mener", a souligné la procureure de Bordeaux, Frédérique Porterie.

L’avocat du suspect assure qu'"il a la volonté de participer à l’effort de la justice", et d'"aider la justice à mettre la main, peut-être, sur les protagonistes qui […] sévissent encore sur le Darkweb".

Il a souhaité collaborer avec la justice.mp3  (331.47 Ko)






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