Djibouti : Un caucus de femmes parlementaires pour promouvoir le genre


Par MOHAMED AHMED SALEH Rédigé le 24/01/2020 (dernière modification le 21/01/2020)

Le parlement djiboutien s’est doté récemment d’un double caucus dédié à la cause des femmes ; le caucus femmes et le caucus genre. "Un pas de plus dans la dynamique d’émancipation de la femme et de renforcement de sa place dans les hautes sphères de décisions publiques", selon le cabinet du président de l’Assemblée nationale.


Au-delà des clivages politiques

Vue partielle de la réunion de lancement du Caucus des femmes parlementaires (C) Assemblée nationale de Djibouti
Les caucus parlementaires dédiés aux femmes existent dans de nombreux pays. Cela permet de renforcer la coopération entre femmes engagées dans la vie politique. Au sein de ces caucus, ou forums en langue française, les femmes s’unissent autour d’un objectif commun et travaillent main dans la main pour défendre la cause des femmes. Cette collaboration permet aux femmes de mieux veiller sur les priorités législatives des femmes. A travers ces forums, les femmes dépassent leurs clivages politiques et gagnent de l’influence au Parlement. Elles livrent bataille côtes à côtes pour faire aboutir en projets de loi des questions les intéressant lors des débats au Parlement. En somme, ces forums de femmes parlementaires leur permettent d’aborder des questions politiques et socioéconomiques et d’analyser un grand nombre de problématiques sous l’angle du genre.

…Un Speaker très sensible à la cause des femmes

Le Speaker du Parlement en costume sombre entouré de plusieurs femmes parlementaires (C) Assemblée nationale de Djibouti
La création de ces forums est l’aboutissement d’un engagement commun et d’efforts soutenus et de longue haleine. C’est seulement après de nombreux mois de concertations, d'ateliers de réflexions et d'échanges d'idées que le caucus des femmes parlementaires djiboutiennes a été créé le mardi 17 décembre 2019. Le président de l’Assemblée nationale de Djibouti, Mohamed Ali Houmed, s’est engagé corps et âme pour le succès du projet de réforme de l’Assemblée nationale en y intégrant la création des caucus femmes et genre. De nombreux partenaires ont également prêté main forte au Parlement djiboutien, dont notamment l’Union Interparlementaire qui a apporté une précieuse expertise et l’Union européenne qui a offert son soutien financier déterminant. Mohamed Ali Houmed, le président de l’Assemblée nationale, est un homme jeune et très ouvert d’esprit. Il a toujours fait preuve de sensibilité à la cause des femmes et a œuvré pour renforcer la place de la femme au sein du pouvoir législatif, selon les confidences de nombreuses femmes parlementaires. Aujourd’hui, grâce à son engagement, les femmes députées siègent dans toutes les commissions parlementaires quand elles n’en sont présidentes.

Connecter le caucus parlementaire à l’électorat féminin

Electrice djiboutienne (C) : La Croix
Dès son lancement, le Caucus des femmes parlementaires de Djibouti a commencé à susciter beaucoup d’attentes et d’intérêt parmi la gente féminine qui nourri beaucoup d’ambitions sur des sujets aussi bien politiques, qu’économiques ou sociaux.
A ce jour, les femmes parlementaires travaillent à poser les grandes lignes du fonctionnement de leurs deux caucus. Une fois les structures de fonctionnement et les présidences des bureaux effectives et sur pied, un agenda de travail sera mis en place pour le premier mandat de ce bureau.
Dans l’immédiat, des tournées dans l’arrière pays à travers des caravanes parlementaires dédiées au genre afin seront lancées pour connecter les caucus avec l’électorat féminin. Un électorat qu’il faut d’abord sonder et dont il faut écouter les attentes les plus urgentes.

Une politique pro-féministe

Le président de la République et la première Dame lors de la Journée internationale de la Femme (C) Journal La Nation
La paternité de cette évolution positive de la cause des femmes revient au chef de l’Etat, Ismail Omar Guelleh, qui a impulsé une dynamique globale et qui a porté les femmes aux plus hautes sphères politiques et décisionnelles du pays. La création de ces caucus est une étape certes décisive, mais elle s’inscrit dans l’action du président de la République,  Ismail Omar Guelleh, qui a décidé d’intégrer des femmes dans son gouvernement d’une part et de leur accorder un quota de 10% au Parlement en 2003, avant de le porter à 25% en 2018. C’est ainsi que de nombreuses jeunes femmes éduquées et cultivées ont pu avoir la chance et le grand honneur de servir leur pays en qualité d’élues nationales. Aujourd’hui, les femmes prennent part activement à la dynamique de développement socioéconomique du pays. Elles sont présentes au gouvernement, au parlement, et dans toutes les hautes sphères de décision publique.
 

Caucus des Femmes parlementaires.m4a  (1.93 Mo)






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