Durban: Trilemme Énergétique


Par CP Rédigé le 28/11/2011 (dernière modification le 28/11/2011)

La conférence de Durban sur les changements climatiques a lieu du 28 novembre au 9 décembre 2011. Le Conseil Mondial de l’Énergie appelle les décideurs présents au sommet COP17 à prendre en compte le "Trilemme Énergétique".


Le Conseil Mondial de l’Énergie (CME) a publié son rapport 2011

Outil d’aide à la prise de décision pour les responsables politiques et privés du secteur, ce rapport propose une évaluation des politiques énergétiques et climatiques. Il incite les décideurs à concentrer tous leurs efforts sur les défis du "Trilemme Énergétique" dans le but de mener une action concrète pour enrayer le processus de réchauffement climatique. Il offre notamment une image précise de la situation de chaque pays en termes de performance énergétique grâce au classement "Energy Sustainability Index".

Au cours des trois dernières années, ce classement unique a examiné plus de 60 jeux de données pour fournir une analyse détaillée des politiques énergétiques et climatiques de plus de 92 pays dans le but d’évaluer leur capacité à fournir un système énergétique stable, abordable et respectueux de l'environnement.
Le rapport examine également en profondeur 3 secteurs sur lesquels les décideurs doivent concentrer leurs efforts en matière de politique énergétique s’ils désirent conserver une chance de limiter le réchauffement climatique à une hausse de 2°C. Cette évaluation met en avant des exemples nationaux de politiques énergétiques en Corée du Sud, Colombie, Allemagne ou États-Unis, qui permettent de répondre non seulement à l’impératif de ralentissement du changement climatique mais aussi d’assurer une croissance durable.

S'exprimant lors du lancement du rapport 2011, Pierre Gadonneix, Président du Conseil Mondial de l’Énergie, a déclaré: "Dans un contexte où les nations doivent simultanément assurer la sécurité énergétique, l'équité sociale mai aussi répondre au besoin pressant de limiter l’impact environnementale du secteur énergétique, les décideurs doivent favoriser des systèmes "robustes". J'appelle "robuste" un système qui permet de poursuivre, d’année en année, de manière continu, nos objectifs à long terme et qui, en même temps, reste assez souple pour nous permettre de capitaliser sur des opportunités imprévues, telles que les innovations technologiques, ou de surmonter des obstacles inattendues comme la volatilité des prix."

Les cinq pays figurant au sommet du classement de l'Index 2011 sont ceux qui affichent les politiques énergétiques les plus solides et les plus cohérentes. Ce sont aussi ceux qui réussissent le mieux à gérer les compromis nécessaires entre les trois dimensions du "Trilemme Énergétique": la sécurité énergétique, l'équité sociale et la réduction de l’impact environnementale: Suisse, Suède, France, Allemagne, Canada.

Mark Robson, associé du cabinet de conseil Oliver Wyman, partenaire du projet, explique que "l’Index dévoile clairement que même les pays les riches jouissant d’une certaine stabilité politique et de ressources énergétiques abondantes, peinent à développer des systèmes énergétiques à la fois stable, abordables et respectueux de l’environnement. Les pays qui réussissent le mieux à répondre à ces trois impératifs sont ceux qui ont su diversifier leurs sources mais aussi activement gérer la demande d’énergie, à la baisse, grâce à des programmes d’efficacité énergétique bien établis."

Malgré les bonnes performances globales des cinq leaders du classement, aucun pays ne mène simultanément dans les trois domaines du "Trilemme Énergétique". Le rapport souligne donc la nécessité pour les décideurs d’envisager les compromis et les arbitrages nécessaires à l’élaboration de politiques énergétiques durables. Pour être efficaces, ceux-ci devront être basées sur l’échange et le dialogue et décidés de manière ouverte et honnête. Comme dans tout arbitrage, à court terme, il y aura inévitablement des gagnants et des perdants, cependant, si ces choix sont faits de manière transparente et explicite, et avant tout, motivés par une vision commune à long terme, alors ils gagneront l'approbation et l'engagement, y compris financier, des leaders du monde de l'énergie et du public.

Joan MacNaughton, Président Exécutif du rapport, commente les problèmes sous-jacents mis en évidence: "Ce rapport démontre que les solutions dictées par les lois du marché ne suffisent pas à elle seules à assurer un avenir énergétique durable. Les pays ne pourront atteindre un équilibre sur le long terme que si elles se dotent de politiques cohérentes et robustes, nées d’une vision claire. Ils doivent établir des cadres réglementaires stables pour regagner la confiance des investisseurs et attirer les énormes volumes d'investissement en capital requis pour assurer un approvisionnement constant en énergie." S'appuyant sur les conclusions de ses rapports antérieures, le CME, a concentré dans l’édition 2011, son analyse sur trois problématiques clés sur lesquelles les décideurs politiques devront focaliser tous leurs efforts : les transports, l'efficacité énergétique et les mécanismes de financement. Puisque le système énergétique génère aujourd’hui, à lui seul, approximativement 60% des émissions de gaz à effet de serre, seules des améliorations significatives dans ces trois domaines permettront aux pays de répondre à la demande énergétique croissante tout en limitant les émissions de CO2.
Christoph Frei, Secrétaire général du CME a déclaré: "Aujourd'hui, le secteur des transports représente un quart du total des émissions de CO2. Nous prévoyons que les émissions provenant de ce secteur pourraient être 80% plus élevées en 2050 s’il n’y a pas d’intervention gouvernementale. En effet, selon nos prévisions, l’instauration de politiques claires qui donneraient une légitimité d’intervention aux gouvernements ainsi qu’aux secteurs publics et privés, permettrait de limiter cette hausse à 15%. Considérant l’importance du gain potentiel, nous devons agir dès aujourd’hui."

Ce rapport sera distribué à tous les décideurs réunis à Durban pour assister à la réunion du COP17. En s’appuyant sur les conclusions sans équivoque de ce dernier, le CME encouragera vivement les décideurs politiques, ainsi que les leaders du secteur de l'énergie, à prendre en compte toutes les dimensions du "Trilemme Énergétique" s’ils veulent avoir une chance de faire face avec succès aux défis énergétiques de demain.





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