Écoutez un regard décalé: Les damnés de la presse sont-ils les damnés de la terre?


Par Rédigé le 09/07/2014 (dernière modification le 09/07/2014)

On serait en droit de le penser à la lecture du livre de Jean Christaki de Germain, "Les damnés de la presse", avec son sous-titre volontairement provocateur et accrocheur "Léchés, lâchés, lynchés". Et même si ce n'est pas Jean-Paul Sartre qui préface l'ouvrage mais André Bercoff - journaliste politique franco-libanais qui s'est aussi fait depuis longtemps à travers ses nombreuses publications, une spécialité de dénoncer les travers de notre société -, ce livre mérite d'être lu cet été.


Les damnés de la presse.mp3  (178.9 Ko)

Facile à lire, fait d'histoires successives sur des personnages plus ou moins connus et intéressants, cet ouvrage rappelle que l'on peut un jour être encensé par la presse et le lendemain lynché par la même presse.

L'auteur ne prend pas parti, il expose les faits. Il a fallu faire une sélection, d'autres affaires auraient pu être exposées ici. Un premier choix historique avec l'affaire Salengro, ministre du Front populaire, acculé au suicide par des calomnies dispensées dans les journaux.C'est certainement l'histoire la plus triste. Les autres ma foi, peut-être parce qu'elles sont contemporaines nous semble moins cruelles. Il faut dire aussi qu'il n'y a pas eu mort d'homme comme avec Salengro. Pour les autres, les faits sont déjà plus ou moins connus.
Le livre de Jean Christaki de Germain; permet de réparer certains oublis, de préciser certains points, voire d'apprendre quelques faits qui nous avait échappés. Mais aucune empathie ne sera ressentie à la lecture de ces pages. Si les travers de la presse sont dénoncés à juste titre, et c'est le principal intérêt du livre, les "victimes" ont fait le choix pour les principales d'entre elles de jouer sur le devant de la scène. Cela comporte des risques. Jouer avec les médias peut coûter cher et nul n'ignore que l'on peut être un jour au pinacle et le lendemain en enfer. Avoir la prétention d'être sur le devant de la scène a un prix, qu'il faut parfois payer. Il faut le savoir avant d'y monter. Après il faut assumer. C'est ignoble, injuste, cruel. Oui et alors? Rien de neuf sous le soleil.

Les journalistes ne sont pas des saints. Des hommes et des femmes comme ceux qu'ils dénoncent dans leurs feuilles. D'ailleurs, l'auteur précise qu'il n'a pas voulu dresser un réquisitoire contre ses confrères et consœurs. Mais souhaiter seulement participer au débat autour de la question de la puissance des médias, c'est-à-dire de la capacité qu'ils ont aujourd'hui avec Internet de diffuser en quelques secondes une information à travers le monde. Hier, la dénonciation d'un scandale restait limitée au national, aujourd'hui, elle est immédiatement internationale. Mais au bout du compte, cela change-t-il vraiment quelque chose? On ne peut lutter contre la nature humaine, cette nature qui fait que l'homme et la femme sont souvent trop intéressés par l'inintéressant parce que facilement accessible et compréhensible. Les médias qui ne devraient pas être un produit marketing comme les autres, le sont trop souvent.
Rappelons que la profession est régulièrement vilipendée à travers de nombreux sondages alors que chaque année des milliers d'étudiants tentent les concours d'admission aux écoles. Il y a la un paradoxe qu'il serait intéressant d'étudiant plus au-delà.

Après réflexion, les damnés de la presse ne sont pas les damnés de la terre. Juste des hommes et des femmes qui ont joué et qui ont perdu.






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