Edito : Ecoutez un regard décalé


Par Rédigé le 16/06/2011 (dernière modification le 16/06/2011)

L'Union européenne c'est comme la démocratie, il semble difficile de faire sans. Tout le monde en est conscient et peu ose remettre en cause cet état de fait. Cela ne doit pourtant pas nous empêcher de porter un regard critique, bien au contraire. Ces évidences rappelées et notre capacité à réagir, s'offusquer intacte, on reste néanmoins admiratifs devant ceux qui osent tout.


Ainsi à la suite d'Arnold Schwarzenegger, l'ancien Premier ministre anglais, Tony Blair se verrait bien à la tête de l'Europe. Lui ou un autre pourquoi pas ? Ce n'est pas tant de Tony Blair dont il est question mais de l'incapacité qu'on certains hommes ou femmes politiques à vivre en dehors des feux de la rampe. Pour certains, il semblerait que leur carrière politique terminée dans leur pays, il ne resterait alors plus que l'Union européenne pour la poursuivre. Mais attention, il ne s'agirait pas non plus d'accepter un poste subalterne. Et si pendant leur mandat politique, ils ont tout fait pour préserver l'autorité, la souveraineté de leur pays face aux velléités tentaculaires de l'Union européenne de s'immiscer dans les affaires internes de chaque pays, la question ne semble plus à l'ordre du jour au moment de candidater pour prendre la tête de Bruxelles. C'est vrai que les politiciens ne sont pas à une contradiction prêt. Il suffit simplement de changer de discours. Aujourd'hui, l'Anglais Tony Blair n'a pas hésité à déclarer : "qu'il fallait à l'Europe davantage d'intégration et un président démocratiquement élu à sa tête". Ce n'est pas faux. Il semble urgent de rendre le "machin" à ceux à qui il appartient, c'est-à-dire au peuple européen. Le fossé qui se creuse chaque jour entre ces deux entités est de plus en plus profond, j'entends par là, les élites technocrate ou politicienne et les électeurs. Mais à qui la faute ? Aux fonctionnaires de tous ordres et niveaux qui, la nature humaine étant ainsi faite, profitent au maximum de leur position et de l'argent mis à disposition, comme si celui-ci tombait du ciel, reflétant parfaitement l'irréalité d'un système à des années lumières de ceux qu'il est censé servir. Pas seulement. Sont surtout mis en cause, les politiciens nationaux qui n'ont aucun intérêt à concéder une part si minime soit-elle de leur pouvoir. La démocratie, c'est bien, mais son corollaire, l'échéance électorale brime tout : toute volonté de vouloir changer les choses, de peur d'y perdre son mandat, d'y perdre son intérêt personnel.
Tony Blair n'est d'ailleurs pas le seul à rêver au poste d'Herman van Rompuy pour devenir "l'élu du plus grand mandat électoral du monde". Angela Merkel, la chancelière allemande serait sur les rangs, ayant peu de chance d'être réélu pour un troisième mandat. Ah, pouvoir rester ou être à nouveau un grand ce monde, côtoyer ses pairs, être sur la photo de famille. Elle, comme lui rappelle que l'Europe sera plus puissante et par conséquent plus étendue, si elle est unie. Quelle découverte ! Quel scoop ! Mais les insuffisances de crédibilité de l'Union européenne ne datent pas d'hier et sont toujours aujourd'hui, son lot quotidien tant d'un point de vue économique, diplomatique, politique et militaire. Au quotidien, Bruxelles achoppe justement sur ce manque de cohérence, d'accords communs. Aujourd'hui, ce n'est pas tant les Européens qu'il faut convaincre de l'intérêt de l'Union que les politiciens nationaux.
D'autres encore, l'aiment tellement cette Union européenne qu'ils ne veulent plus la quitter. Quitte à oser proposer de créer un nouveau poste rien que pour eux. Ainsi Jean-Claude Trichet, bientôt remplacé par l'Italien Mario Draghi, ancien de chez Goldman Sachs – cela ne s'invente pas, à la tête de la Banque centrale européenne, fin de mandat oblige, vient de proposer de façon innocente, la création d'un ministre européen des Finances qui serait, chacun dans son domaine, le corollaire de Cathy Ashton. Le poste de ministre des Affaires étrangères de l'Union a été créé lors des réformes mises en place dans le cadre du traité de Lisbonne, pourquoi ne pas envisager une nouvelle réforme avec la création de ce ministère européen des Finances. Mais celui-ci serait-il élu ou nommé comme Mme Ashton aujourd'hui ? C'est l'histoire du chien qui se mord la queue.





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