Education à Burundi et en Afrique subsaharienne


Par J.E. Rédigé le 19/05/2011 (dernière modification le 19/05/2011)

Les pays d’Afrique subsaharienne ont augmenté leurs dépenses réelles en éducation de plus de 6% par an au cours de la dernière décennie, selon un rapport publié par l’UNESCO. Malgré ces investissements, beaucoup de pays de la région sont pourtant encore loin de pouvoir fournir à tous les enfants un enseignement primaire de qualité.


Les investissements accrus dans l’éducation en Afrique subsaharienne portent leurs fruits et permettent une scolarisation sans précédent, selon un rapport de l’UNESCO

Le rapport, intitulé "Nouveaux défis pour le financement de l’éducation en Afrique subsaharienne : comment gérer l’expansion tout en garantissant l’équité et la qualité?", propose les plus récentes et plus complètes données disponibles sur le financement de l’éducation dans 45 pays africains. Publié par l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), il inclut des données historiques afin de faire ressortir les tendances de ce financement depuis le Forum mondial sur l’éducation de 2000.

Ci-contre, un exemple en vidéo sur l'éducation au Burundi.


L’augmentation des investissements s’est accompagnée de résultats parfois spectaculaires. Entre 2000 et 2008, le nombre d’enfants scolarisés dans le primaire a progressé de 48%, passant de 87 à 129 millions. Les inscriptions dans les écoles maternelles, l’enseignement secondaire et supérieur ont augmenté de 60% au cours de la même période.

Au Burundi et au Mozambique, par exemple, les dépenses ont augmenté de 12% par an en moyenne. Sur 26 pays disposant de données, un seul, la République centrafricaine, a diminué ses dépenses en éducation depuis le début de la décennie.

Depuis 1999, le Burundi a réussi à tripler le nombre d’élèves inscrit dans l’enseignement primaire en utilisant trois leviers. D’abord, le gouvernement a accru les dépenses consacrées à l’éducation tout au long de la décennie. Au total, ces dépenses sont passées de 3,2 % à 8,3 % depuis 1999. Ensuite, le gouvernement a consacré une plus large part de ces dépenses à l’enseignement primaire. Les dépenses consacrées à l’enseignement primaire – qui représentaient à peu près autant que celles consacrées à l’enseignement secondaire en 1999 – ont doublées en 2009. Elles représentent près de 53 % du total des dépenses gouvernementales en matière d’éducation. Cette redistribution des ressources a aussi permis au gouvernement de supprimer les droits d’inscription en 2005. Résultat de ces efforts : le nombre d’enfants en âge de fréquenter le primaire mais non scolarisés est passé de 723 000 en 1999 à 10 000 en 2009, selon les données de l’ISU.

Le Lesotho, par exemple, dépense 50 fois plus pour chaque étudiant du supérieur que pour un élève du primaire. La plupart des pays de la région investissent au moins 10 fois plus pour chacun de leurs étudiants du supérieur que pour un de leurs élèves du primaire. A Madagascar, 9% seulement de la population scolaire accède à l’enseignement supérieur. Mais ce groupe absorbe 27% de l’ensemble des financements publics destinés à l’éducation.

Selon le rapport, les gouvernements doivent envisager de consacrer davantage de ressources aux niveaux élémentaires de l’éducation s’ils sont encore loin d’atteindre l’objectif d’un enseignement primaire universel.

La communauté internationale représente une autre source majeure de financement de l’éducation. En 2008, elle a fourni 2,6 milliards de dollars à l’éducation en Afrique subsaharienne. Dans l’ensemble de la région, les subventions et les prêts au titre de l’aide publique au développement (APD) ne représentent qu’une petite part (5,6%) de l’ensemble des dépenses d’éducation. Mais dans des pays comme la Guinée, le Mali, le Rwanda et la Zambie, l’APD représente près de la moitié des budgets publics de l’éducation.

Une augmentation significative de l’APD destinée à l’éducation semble improbable dans un futur immédiat. Mais, comme le souligne le rapport, il existe un fossé entre les engagements actuels et les fonds vraiment versés. Entre 2002 et 2008, la communauté internationale était disposée à fournir 15,86 milliards à l’éducation en Afrique subsaharienne mais 9% de cette somme n’ont jamais été déboursés, principalement parce que les pays n’ont pas encore les programmes et structures susceptibles de recevoir ces fonds. De fait, chaque année, 221 millions de dollars (en moyenne) ne sont pas dépensés. Cet argent aurait pu alimenter les systèmes d’enseignement primaire de cinq pays : Burundi, Cap Vert, Comores, Guinée et Rwanda.





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