Elections municipales en Hongrie : un scrutin sans surprises


Par Rédigé le 28/09/2010 (dernière modification le 02/10/2010)

Le 3 octobre, les Hongrois éliront leurs nouveaux maires et conseils municipaux. A Budapest, comme ailleurs dans le pays, il n'y aura guère de suspens, tant les résultats semblent attendus. Le Fidesz, l'actuel parti de droite au pouvoir depuis les dernières élections législatives d'avril devraient les remporter sans coup férir.


Alors qu'en avril, le suspens se jouait sur le résultat du parti d'extrême droite, le Jobbik, ce ne sera même pas le cas dimanche prochain. En effet, dans les derniers sondages présentés, leur côte de popularité et d'intention de votes est en chute, se plaçant ainsi en troisième position derrière les socialistes qui eux sans vraiment avoir su remonter dans les sondages en utilisant ces six mois d'opposition, gagnent néanmoins deux points.

L'intérêt de ces élections se situerait, semble-t-il beaucoup plus sur le départ du maire de Budapest, Gábor Demszky, au pouvoir depuis qu'il y a des élections libres dans la capitale hongroise et ailleurs dans le pays, c'est-à-dire depuis le 31 octobre 1990, il y a tout juste vingt ans. Le personnage mérite que l'on s'arrête quelques minutes sur lui, bien que son profil et son évolution personnelle et professionnelle ne soient pas si originales que cela. J'entends par là, une jeunesse "idéaliste" et une carrière pragmatique.

En août dernier, il a annoncé ce que tout le monde savait déjà, son intention de ne pas briguer un sixième mandat pour la capitale hongroise. Le bilan professionnel de ce juriste doublé d'un sociologue est mitigé et le Fidesz lors du dernier conseil municipal n'a pas manqué de lui rappeler qu'une fois que le siège de maire leur serait acquis, des comptes seront à rendre. Rappelons tout d'abord son parcours avant 1989-90. Gábor Demszky est né en 1952. Marié plusieurs fois, il est père de quatre enfants. Opposant politique jusqu'à la chute du communisme en Hongrie, plusieurs fois condamné et empêché pour un temps d'exercer ses activités professionnelles, il dut pour vivre exercer les professions de chauffeur de taxi et bibliothécaire. Signataire de la charte 77, ce dissident fut par conséquent victime de la répression qui suivit la ratification de la célèbre pétition pour la défense des droits de l'homme en Tchécoslovaquie. Dans les années 80, il fut aussi rédacteur et collabora dans différentes revues. Depuis 1988 et jusqu'à la fin des années 90, il fut membre et dirigeant du SzDSz, les Démocrates libres, parti qui aujourd'hui n'existe pratiquement plus.

Après 1990, chef de son parti, député éphémère, maire de la capitale, Gabor Demski a mené une carrière politique remarquée, il fut même momentanément député européen mais préféra son mandat de maire. Il a su faire de sa ville, une capitale européenne reconnue par tous. Les Budapestois lui doivent sûrement beaucoup quant à l'amélioration de leur qualité de vie. Malheureusement, et comme pour les Socialistes, il y a six mois, son parcours est entaché d'accusations de corruption. Un des derniers en date, concerne le scandale lié à BKV, la société de transport en commun public de Budapest. Au cours des dernières années de son mandat, sa démission a souvent été exigée par des représentants de partis opposés. Mais il a toujours su faire front. De même, Gabor Demsky quittera son poste avec d'importants dossiers non réglés. Tel celui concernant la quatrième rame de métro construit par le français Alsthom et qui pour l'instant n'avance guère ou encore la reconstruction du pont Margit devenue d'une urgence extrême. Mais les moyens semblent manquer. Il y en auraient peut-être un peu plus si sur 70-90% des dossiers d'appel d'offre, un certain pourcentage (entre 23 et 26%) rappelé il y a moins d'un an dans un rapport de Transparency international, n'était prélevé "automatiquement" en Hongrie.

Les élections municipales du 3 octobre conforteront le Fidesz dans le pays et Istvan Tarlos - le discret candidat – à Budapest, deviendra enfin maire de Budapest – il fut déjà candidat lors des dernières élections où à l'époque il n'avait aucune chance de gagner. Les socialistes ne sont toujours pas des opposants dangereux. Le Jobbik n'est même plus un partenaire obligé du Fidesz. Quant à LMP, le nouveau parti d'avril dernier, il devrait faire un score plus important à Budapest qu'en province, puisque son électorat s'y trouve principalement. Mais il restera néanmoins au quatrième rang. Enfin et comme d'habitude, l’abstention sera certainement importante moins d’un sondé sur deux ne semblant pas motivé par ces élections municipales.





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