Expérience olfactive originale à Madrid


Par Rédigé le 14/04/2022 (dernière modification le 11/04/2022)

La salle numéro 83 du musée du Prado expose jusqu’au 3 juillet prochain, un tableau de 66.5 x 110 cm peint par Jan Brueghel l’Ancien dit Brueghel de Velours et Pierre Paul Rubens, daté de 1618.


“La esencia de un cuadro. Una exposición olfativa”, "L’Essence d’une peinture". Une exposition olfactive" du musée madrilène (c) DR
Il fait partie d’un ensemble de cinq tableaux "Allégories des cinq sens" peints par les mêmes artistes et en constitue la pièce centrale. Cette nouvelle exposition “La esencia de un cuadro. Una exposición olfativa”, "L’Essence d’une peinture". Une exposition olfactive" du musée madrilène, est présentée comme "une expérience olfactive". Au premier plan, on voit un jardin luxuriant au milieu duquel deux personnages nus sont entourés de nombreux animaux dont un chien de chasse et des rongeurs, ainsi que d’un grand nombre d’espèces de plantes et fleurs colorées, il y en aurait 80. À l’arrière-plan, on remarque un groupe d’arbres. Ce tableau, ainsi que "L’allégorie du goût" avaient été achetés en octobre 1618 à Brueghel et offerts au couple archiducal Isabel Clara Eugenia, fille de Philippe II d’Espagne et Albert, fils de l’empereur Maximilien II de Habsbourg, gouverneur des Pays-Bas espagnols. Il était destiné à orner leur château de Tervueren près de Bruxelles.

Les commissaires Alejandro Vergara, conservateur en chef du département de peinture flamande et des écoles du nord de l’Europe au musée du Prado ainsi que Gregorio Sola, "nez" du groupe catalan Puig et membre de l’Académie du parfum, sont à l’origine de cette initiative inédite. Alejandro Vergara révèle qu’il a a eu l’idée d’incorporer des odeurs après avoir lu la lettre de l’un des mécènes de Jan Brueghel l’Ancien où il lui disait que, lorsqu’il regardait ses fleurs peintes en hiver, il avait l’impression qu’il les sentait...
Pour la circonstance, Gregorio Sola a créé une dizaine de parfums associés à différents éléments de la peinture, lys, narcisse, civette, nard, fleur d’oranger, figue, cuir et allégorie qui est un mélange de jasmin, rose et oeillet, allusion au petit bouquet de fleurs humé par la femme en bas à droite du tableau. Il est persuadé que lier des odeurs à une œuvre d’art c’est la fixer à jamais dans la mémoire du public et il déclare "la mémoire olfactive est plus puissante que notre mémoire visuelle ou auditive". Il précise aussi "Nous avons travaillé sur l'intensité des senteurs afin de veiller à ce qu'aucune ne l'emporte sur l'autre".
Les visiteurs ont la possibilité d’utiliser les écrans tactiles de Samsung mis à leur disposition par le musée, ils commandent quatre diffuseurs de parfums.


 





Autres articles dans la même rubrique ou dossier: