Il ne sert à rien de barguigner, Macron a gagné

L'édito de la semaine


Par Rédigé le 14/05/2017 (dernière modification le 14/05/2017)

Emmanuel Macron est désormais le nouveau président de la République française. Ce ne fut pas un scoop, les Français avaient lu, entendu et vu dans les médias depuis des mois que cela allait se produire. Les surprises ont été ailleurs et elles ne furent pas forcément bonnes.


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Record. Les commentateurs et les concernés étaient inquiets à juste titre semble-t-il par le taux d’abstention et de votes blancs. De là, à parler victoire, au vu en effet des résultats, il y a un pas que nous ne franchirons pas. En effet, il n’y a rien de victorieux à constater qu’une large partie des électeurs potentiels ne s’est pas sentie concernée par ces élections gagnées à l’avance. Et donc par conséquent, le nouveau président de la République va devoir gouverner avec un nombre important de Français qui n’adhèrent pas forcément à son programme. Il faut remonter à 1969 pour retrouver les mêmes chiffres. La victoire, si nous devions absolument employer ce terme, se situerait plutôt dans la capacité de résistance de ceux-là même qui ont maintenu leur position malgré toutes les attaques des bien pensants. Lesquels auraient sans scrupules mis sur leurs épaules la responsabilité d’une victoire de l’extrême droite en France. On s’aperçoit qu’au bout d’une semaine, cette guéguerre est déjà largement oubliée. Comme quoi…

La politique de banalisation du Front National voulue par sa présidente est un succès. Désormais, il faut accepter que celui-ci soit, sinon le premier parti de France, du moins l’un des principaux. La pilule est amère. Exit les vieux partis de droite et de gauche qui doivent se refonder de toute urgence s’ils ne veulent pas disparaître rapidement et complètement de la vie politique française. Dans l’absolu, ce serait plutôt une bonne nouvelle, tant le désir de refondation du paysage politique français est désiré. Nombre de membres de ces partis traditionnels ont déjà quitté le navire amiral pour rejoindre La République en marche. On notera au passage, le manque d’originalité de l’intitulé de ce nouveau parti. On pourra dire qu’on nous aura servi la république à toutes les sauces…

Mais cela reste toutefois mieux que le récent Les Républicains qui reste un titre de parti très maladroit. La force d’Emmanuel Macron se situe aussi là. Jouer des ambitions des uns et des autres dans un positionnement d’entre deux, en donnant ainsi aux nouveaux ralliés, l’impression de ne pas trahir. Restent les représentants des petits partis qui eux ont tout intérêt à se rapprocher du nouveau président pour enfin se voir reconnaître.

Le FN veut saisir l’occasion de sa défaite/victoire pour changer de nom, continuant ainsi sa normalisation. Pas impossible que face aux Républicains, naissent Les Patriotes plutôt que L’Alliance patriote et républicaine. Avec les Patriotes, Marine Le Pen ratisserait encore plus large. Déjà 11 millions d’électeurs français ont voté pour elle il y a une semaine, impossible de l’ignorer et beaucoup pensent qu’elle sera la prochaine présidente française dans 5 ans. Il est vrai que la place qu’elle prend dès aujourd’hui dans l’opposition est idéale pour préparer ce projet. Il ne tient donc à Emmanuel Macron que de faire taire les mauvais augures.

La première bataille à gagner sera celle des législatives. Et déjà l’on s’aperçoit que trouver un nombre de candidats pour chaque circonscription reste un exercice difficile et que l’enthousiasme est une qualité nécessaire mais insuffisante. Doit aussi être respecté le critère du renouveau en politique, tant attendu par les Français. Pour l’heure, nombre de vieux caciques tentent de se recycler au risque de faire déjà mentir les déclarations de notre nouveau président sur sa volonté de renouveler les cadres politiques. Alors vigilance!

Les actus vidéos du 8 au 14 mai 2017






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