Impossible de protéger les civils congolais de l’Est.


Par Lech Walassa Mulondani Rédigé le 18/05/2009 (dernière modification le 18/05/2009)

Des centaines des civils ont été tués dans plusieurs villages au Nord et au Sud Kivu depuis l’annonce des opérations de traque contre les combattants hutu rwandais basés dans la région depuis une dizaines d’années.


L’encadrement de la population civile avant, pendant et après les opérations militaires dénommée «Kimya II» pour la traque des Forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr) au Sud-Kivu constitue la préoccupation majeure de la société civile de la province. Elle vient de le faire savoir dans un mémorandum adressé à l’autorité provinciale. Le commandant de ces opérations, le général AMULI, a averti les députés et ministres provinciaux, la société civile ainsi que les chefs des chefferies que Kimya II sera bientôt lancé mais n’a donné aucune garantie pour ce qui est de la protection des populations civiles. "Les Forces armées de la Rd Congo (Fardc) vont mettre fin au phénomène Fdlr – Interahamwe sur le sol congolais", a-t-il promis. Le chargé des droits de l’homme au bureau de la Mission de l’Organisation des Nations unies au Congo (Monuc) à Bukavu, Luc Hekinbrant a assuré que les forces onusiennes seront aux côtés des Fardc avec comme principal objectif : la protection des populations civiles.

Confusion sur le terrain

Mais sur le terrain les choses ne se passent pas ainsi. L’ampleur que l’insécurité prend dans plusieurs territoires inquiète plus d’un. Selon la société civile, des Interahamwe rwandais pillent, violent et tuent même les habitants. Les militaires des Forces armées de la Rd Congo (Fardc) commettent également des exactions contre la population. Ils auraient violé 4 filles à Bitale, Bitobololo et Kambali. Un homme habitant le village de Mubugu a été tué sous prétexte de n’avoir pas indiqué les positions des Forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr). Plus ou moins 64 personnes ont été tuées dans un village dans le territoire de Walikale au nord Kivu au début de ce mois de mai.

De nouvelles attaques des Fdlr compromettent les espoirs de paix

Les attaques enregistrées ces derniers temps dans les provinces du Nord et du Sud Kivu ne permettent pas de présager une amélioration de la situation de protection, particulièrement pour les populations civiles qui continuent d'être victimes de menaces et d'abus de toutes sortes de la part des hommes armés en présence sur le terrain.


Le conseil de sécurité de l’Onu préoccupé

Une délégation du Conseil de sécurité est en visite depuis ce lundi à Goma. Elle a tenu une série de réunion avec les autorités provinciales du Nord Kivu. Au centre des discussions, la situation préoccupante dans l’Est de la RDC où les opérations contre les FDLR mettent en danger la population civile. Dans une déclaration faite à la presse, le représentant de la France a souligné la préoccupation du Conseil de sécurité face à la poursuite des exactions que subissent les populations civiles de la part des FDLR.
Selon l’ambassadeur français aux Nations Unies, Jean-Maurice Ripert, l’objet de la visite de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies en RDC est d’apporter leur témoignage et leur solidarité aux populations congolaises durement éprouvées par les atrocités commises par les FDLR. "Nous sommes ici pour montrer notre solidarité vis-à-vis des populations congolaises et leurs autorités, au moment où la situation sécuritaire s’améliore progressivement, pour dire notre préoccupation à cause de la poursuite des exactions par les FDLR et d’autres milices qui font du tort à la population civile".






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