Israël: Une gréviste de la faim palestinienne proche de la mort

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Par J.N.B.L. Rédigé le 26/03/2012 (dernière modification le 25/03/2012)

Une gréviste de la faim palestinienne proche de la mort souligne le caractère injuste de la détention administrative.


"Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement une détenue palestinienne ou l’inculper d’une infraction dûment reconnue par la loi et la juger dans les meilleurs délais", a déclaré Amnesty International qui craint que la jeune femme ne meure en détention après 37 jours de grève de la faim.

Hana Shalabi, 30 ans, originaire du village de Burqin, dans le nord-ouest de la Cisjordanie, serait membre du mouvement Djihad islamique. Pourtant, elle n’a jamais été inculpée d’une infraction prévue par la loi. Elle a été transférée le 20 mars au soir à l’hôpital Meir, dans la ville de Kfar Saba, dans le centre d’Israël, mais demeure en détention aux mains des autorités israéliennes, sous la surveillance constante de gardes armés.
Hana Shalabi a entamé sa grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements qui lui ont été infligés lors de son arrestation, le 16 février dernier, et la poursuit en signe de contestation de sa détention sans inculpation ni jugement, après qu’elle a reçu cinq jours plus tard une ordonnance de placement en détention administrative. Un médecin de Médecins pour les droits de l’homme – Israël (PHR), qui l’a vue lundi 19 mars, a rapporté qu’elle risquait de mourir, car son cœur pouvait s’arrêter à tout moment, et a requis son hospitalisation immédiate.

"Lorsqu’elle a pu rencontrer ses avocats et des médecins indépendants, Hana Shalabi leur a raconté que les agents du Service pénitentiaire d'Israël l’avaient manipulée avec violence lors de son transfert à l’hôpital et devant le tribunal militaire, et avaient constamment fait pression sur elle pour qu’elle mette un terme à sa grève de la faim", a indiqué Ann Harrison, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International. "Amnesty International a à maintes reprises demandé aux autorités israéliennes de libérer Hana Shalabi et tous les Palestiniens maintenus en détention administrative, à moins qu’ils ne soient inculpés dans les meilleurs délais d’infractions prévues par le droit international et jugés dans le respect des normes internationales d’équité des procès."

Au titre de la détention administrative, les ordonnances militaires israéliennes permettent aux autorités de détenir sans jugement pour une période indéterminée des Palestiniens originaires de la Cisjordanie occupée, s’ils sont considérés comme une "menace pour la sécurité". Hana Shalabi comptait parmi les 1027 prisonniers palestiniens libérés des geôles israéliennes dans le cadre de l’accord visant à libérer le soldat israélien capturé Gilad Shalit en octobre et décembre 2011. Avant qu’elle ne soit de nouveau arrêtée en février, elle prévoyait d'entreprendre des études d'infirmière à l'université Al Rawda de Naplouse. Plus de 300 Palestiniens, dont plus de 20 membres du Conseil législatif palestinien, sont actuellement incarcérés sous le statut de la détention administrative.


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