Je te bats parce que je t’aime trop!


Par Rédigé le 12/12/2013 (dernière modification le 11/12/2013)

Chaque année, trois millions de femmes sont victimes de violence en France. Soit une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son mari, compagnon, petit ami ou ex-conjoint. Les violences conjugales à l’exemple de toutes les autres violences sont intentionnelles et représentent une atteinte au droit fondamental des personnes à disposer de leur liberté. Contrairement aux idées reçues, ce phénomène touche toutes les couches de la société.


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A 41 ans sous la barbarie des coups affligés par son compagnon Bertrand Cantat, l’actrice Marie Trintignant mourrait. C’était un jour d’été 2003.
Aux États-Unis, l’un des couples les plus glamour de la scène internationale, va un soir de l’année 2009 nous montrer un tableau sombre et rageant. La police découvre la chanteuse Rihana horriblement frappée par son petit ami d’alors, Christ Brown, lui-même chanteur également.

Depuis quelques années, la violence faites aux femmes se banalise et est minimisée par la société. A l’apparition des premiers gestes déplacés, certaines femmes pensent à un acte d’amour voire à l'amour-passion. Hélas, trop confondu avec la domination et la possession.

Les blagues humiliantes, les gifles, les sévices sexuels, les ordres contradictoires sont les signes symptomatiques de cette violence insidieuse qui se traduit sous diverses formes telles que verbale, psychologique, sexuelle et économique. Parfois, dans l’expression de ses sentiments, l’agresseur manifeste des preuves d’amour totalement exagérées. Cette démesure croissante qui rime avec la manipulation de sa proie.

Les conséquences immédiates de cette violence sont que la femme battue perd pied dans l’estime d’elle-même. Un laminage consciencieux qu'évoque la chorégraphe Raphaëlle Ricci dans son livre autobiographique "Je ne chanterai pas ce soir". Cette violence-là entraîne aussi une atteinte de l’intégrité physique et psychique des victimes. Elle peut fragiliser, voire mettre en péril, la vie et la santé de celles-ci mais aussi les exposer à la précarité et à la pauvreté. La dislocation de la cellule familiale est à déplorer également.

Les femmes battues, bafouées dans leur dignité ne font pas partie d’une autre sphère. Ce sont nos mères, nos amies, nos collègues…
Les chiffres de l’INSEE sont accablants, 1,2 million de femmes de 18 à 75 ans ont subi des violences physiques ou sexuelles sur deux ans. Face à la généralisation de ce phénomène social, le gouvernement par le biais de la ministre Najat Vallaud-Belkacem en a fait son combat. Un plan de 66 millions a été déloqué pour aider, sensibiliser et prendre en charge les victimes. Aussi, victime et agresseur peuvent composer le 3919.

Un proverbe africain affirme "éduquer une femme c’est éduquer une nation". Informer et former les femmes sur leurs droits et devoirs face à la violence est capitale. C’est ainsi leur donner les clés pour prendre en charge les rênes de leur vie afin de ne pas sombrer dans une marginalisation destructrice.






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