L’Afrique présente aux Journées Littéraires de Loèche-les-bains

Vos articles dans votre Podcast Journal


Par Cikuru Batumike Rédigé le 05/07/2014 (dernière modification le 04/07/2014)

L’édition 2014 des journées littéraires de Loèche-les-bains, célèbre village thermal suisse en Valais, ouvre ses portes du 4 au 6 juillet 2014. L'essentiel.


Une semaine avant le festival, le public a participé à un week-end de randonnée littéraire dans le Haut-Valais. Des auteurs ou des liseurs y ont déclamé des textes en allemand et en français tirés du Guide annuel de randonnées littéraires, "Einen schweren Schuh hatte ich gewählt...". La palme aux lectures d’auteurs, en milieu fermé ou en plein air, notamment sur le col de la Gemmi situé à 2350 mètres d’altitude, à minuit. Aux débats littéraires succédaient des ateliers d’écriture, le Colloque de traduction et les randonnées proprement dites. Cette année, plus ou moins 29 auteur(e)s étaient présents à cette 19e édition.

Tout au long du festival, le public prête l’oreille, en différents endroits, aux textes d’auteurs venus de Roumanie, Suisse, Autriche, Suède, Allemagne, Australie, Turquie, Brésil, Ukraine, Autriche, Pays-Bas, USA. Chaque lecture se prolonge, quand le débat l’impose. En d’autres lieux, au même moment, des voix poétiques partagent avec le public des moments merveilleux en présence de quelques éditeurs heureux d’être là.

Cliquez ici pour consulter le programme complet du festival


Une modeste présence africaine

L’Afrique fait bonne figure aux Journées Littéraires de Loèche-les-bains, par les voix de Maaza Mengiste (Éthiopie), Nadifa Mohamed (Somalie) et Charl-Pierre Naudé (Afrique du Sud).

Maaza Mengiste est une voix qui compte dans la littérature africaine contemporaine. En effet, née en 1971 à Addis-Abeba, en Éthiopie, l'auteure devenue américaine, compte parmi la génération des écrivaines sur lesquelles la république mondiale des lettres a rarement braqué ses projecteurs. La publication de "Sous le regard du lion" est son premier roman, aujourd’hui traduit dans plusieurs langues (traduit de l’anglais par Céline Schwaller, aux éditions Actes Sud, 2012)
À travers l’histoire d’une famille, l’auteur raconte les bouleversements sanglants qu’a connus l’Éthiopie dans les années 1970. A la suite de ces événements tragiques, des familles entières ont été décimées quand elles n’ont pas été déchirées. Une somme de souvenirs de vie en Éthiopie pendant le début de la révolution, née d’un lent délitement, de la décomposition du règne d’Hailé Sélassié et de l’exécution de celui-ci en 1974, sur fond de la famine, de la répression et de la révolte. Maaza Mengiste analyse un pan entier des enjeux du pouvoir face à la force de la résistance. Des enjeux qui ne sont pas propres à l’Éthiopie, tant ils sont un dénominateur commun de l’ensemble des pays qui, dans le monde, basculent dans l’anarchie par la seule folie des hommes. Une folie qui se nomme fanatisme, cupidité, égoïsme, soif de vengeance, etc.

Maaza Mengiste a quitté l’Éthiopie en 1975, avec sa famille, pendant la révolution communiste. Elle a vécu au Nigeria et au Kenya avant de s’établir aux États-Unis. Elle a étudié le Creative Writing à l’université de New York, où elle enseigne aujourd’hui.


Les Journées littéraires de Loèche-les-bains connaissent, chaque année, un succès retentissant. Depuis leur création, elles ont accueilli en leurs murs des grandes figures de la littérature subsaharienne dont Chirikure Chirikure du Zimbabwe, Fatou Diome du Sénégal, Habila Helon et Unigwe Chika du Nigeria, et Krog Antjie d’Afrique du Sud. Rappelons que pour la seule édition 2013, ces journées littéraires ont enregistré 3200 entrées, soit une nette augmentation par rapport à l’année 2012.





Autres articles dans la même rubrique ou dossier: