L’Extrême-Orient face à l’appétit géopolitique chinois


Par Rédigé le 04/03/2018 (dernière modification le 03/03/2018)

Début 2018, la Chine investissait une zone en Antarctique pour construire une station de recherche sans attendre l’aval d’autres pays. Pékin continue ainsi d’attiser des tensions internationales tout comme au sein même d’une région extrême-orientale instable.


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Mi-janvier 2018, plus de 300 équipiers du brise-glace chinois "Dragon des neiges" débarquaient sur l’île Inexprimable située dans la mer de Ross pour y déposer le matériel d’une cinquième base scientifique chinoise. Problème: depuis 1991, un décret environnemental interdit toute construction préalable sur le sol de l'Antarctique. Pour obtenir le permis de construire, le gouvernement chinois doit attendre un examen du dossier par un comité de 39 pays qui prévoit un début du chantier au plus tôt en 2019. Face à ce qui ressemble être une nouvelle forme d’ignorance des règles diplomatiques de la part de la puissance chinoise, certains commencent à s’inquiéter.


L’Extrême-Orient, épicentre des tensions

Au-delà du cas en Antarctique, la Chine entretient avec ses nombreux voisins dans sa région d’Extrême-Orient des relations complexes. Faites d’incertitudes géopolitiques et de jeux géostratégiques, ces relations peuvent nuire à la stabilité d’un territoire déjà potentiellement explosif. Une situation qui inquiète les instances internationales face à une Chine apparaissant comme l’élément central de la déstabilisation régionale pour son propre intérêt international.

Les zones maritimes en suspens

Dans les zones maritimes de cette région du monde en particulier, de forts désaccords se font ressentir: Pékin y revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, provoquant la colère de pays riverains, comme le Japon, le Vietnam, les Philippines, Brunei ou la Malaisie.

D’énormes intérêts géopolitiques mais aussi économiques influant sur sa puissance internationale poussent ici le gouvernement chinois à vouloir s’accaparer des îlots comme l’archipel japonais de Senkaku, lieu de tensions entre les deux principales forces de la région. Face à cette situation, le Vietnam, contre qui la Chine se dispute cette fois la souveraineté des Paracels et des Spratleys, deux ensembles d’îles au cœur des routes maritimes internationales, entamait de son côté en 2016, un rapprochement avec les instances américaines, longtemps ennemies, lors de la visite de Barack Obama. Le président américain, pour qui l’Asie-Pacifique restait une priorité géostratégique, s’alarmait alors "de la militarisation de cette région maritime par la Chine sur des îles disputées".

Et bien qu’elle ne soit pas la seule source de déstabilisation de cette région - existe déjà le conflit des îles Dokdo/Takeshima entre le Japon et la Corée du sud, le conflit indo-pakistanais à propos du Cachemire, l’instabilité de l’Afghanistan ou de la Corée du nord -, la Chine renforce de par son statut de chef autoproclamé voulant développer toujours plus sa domination géopolitique, le sentiment d’un État unique déstabilisateur pour l’Extrême-Orient.







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