L’argent des français, les chiffres et les mythes

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Par Canal Académie - Jean-Louis Chambon Rédigé le 14/05/2009 (dernière modification le 14/05/2009)

Jacques Marseille, auteur du livre L’argent des français. Les chiffres et les mythes est ici reçu par Jean-Louis Chambon. L’économiste nous propose de regarder l’économie d’aujourd’hui sous l’angle de l’histoire.


En un siècle le français a vu son pouvoir d’achat multiplié par dix et son temps de travail divisé par deux

Le grand mérite des historiens de l’économie, domaine où Jacques Marseille est passé maître, réside dans leur capacité à rapprocher les deux cultures que sont l’histoire et l’économie. Elles n’entretiennent pas spontanément une grande proximité, néanmoins proposent un diagnostic et une vision commune.

Ces « regards croisés » des autres sciences viennent soutenir l’approche « de la science économique » confrontée à des faits et des comportements dont l’interprétation est de plus en plus complexe.

Professeur à la Sorbonne, conseiller, chroniqueur et auteur, il a notamment écrit Du bon usage de la guerre civile en France paru aux éditions Perrin, livre dans lequel il confirme sa capacité à surprendre, appuyé par un sens aigüe de la pédagogie qui le rend accessible à un large public.

Reprenant l’ensemble des données disponibles depuis deux siècles, l’auteur s’attache à démêler le vrai du faux, reconstituant les trajectoires individuelles, mesurant les progrès réels et balayant nombre de mythes :

- « En un siècle le français a vu son pouvoir d’achat multiplié par dix et son temps de travail divisé par deux ».

Les français et leurs représentants syndicaux, majoritairement prisonniers d’un dogmatisme culturel à l’égard de l’argent seraient-ils prêts à le croire ? L’appréciation qu’ils portent sur « leur richesse » doit pouvoir se préciser par les données objectives et mesurables que l’auteur livre au plan du patrimoine, de leur épargne et de leur revenu.

Sur ces bases, il propose de construire une société moins aliénante et moins soumise à la précarité. « Son rêve » ? : la construction d’un nouveau droit : « l’allocation universelle » dont il démontre la faisabilité et la logique d’équité qui serait de mettre en place un droit « inaliénable à la vie » et perçu jusqu’à la mort par tous les jeunes français, se substituant largement à l’existant. Il coûterait annuellement 11 milliards à l’économie française. Une « utopie » ? Non, car il serait de l’ordre de 1 % des dépenses publiques. Une « voie libérale vers le communisme, en quelque sorte » qui suppose en préalable une reconnaissance simultanée en même temps que le « progrès historiquement réalisé » passe par les logiques de marché.





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