L'avalanche de prix littéraires se poursuit

La chronique culturelle de Colette


Par Rédigé le 11/11/2018 (dernière modification le 10/11/2018)

Les prix les plus prestigieux sont décernés durant les premiers jours de novembre. Il y a eu beaucoup de pronostics et l'on verra que le vote définitif ne leur correspond pas toujours.


Un Goncourt et un Renaudot qu'on n'attendait pas

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Mercredi 7 novembre 2018 à 12h45, au célèbre restaurant Drouant de la place Gaillon, Didier Decoin, secrétaire de l’Académie Goncourt a annoncé le nom du lauréat 2018 du prestigieux prix. C’est Nicolas Mathieu, un quadragénaire, pour son roman "Leurs enfants après eux" publié chez Actes Sud. Il l’a emporté sur David Diop pour "Frère d'âme", Paul Greveillac pour "Maîtres et esclaves" et Thomas B. Reverdy pour "L’hiver du mécontentement". Un de ces trois était donné gagnant… "Je suis ravi. Assez bêtement je pense à mon fils et à mes parents" a déclaré l’heureux lauréat face à une forêt de caméras et de micros. C’est son deuxième roman, une chronique politique et sociale doublée d’un roman d'apprentissage, mettant en scène au long de ses 426 pages des adolescents pendant quatre étés, 1992, 1994, 1996 et 1998, dans une vallée désindustrialisée de Lorraine. Le Vosgien Nicolas Mathieu avait déjà été récompensé à l'occasion du Livre sur la Place de Nancy en septembre dernier par le prix de la Feuille d'Or 2018.

Le jury Goncourt a lui aussi célébré cette victoire sur place au restaurant Drouant. On imagine qu'il est aussi amateur de bonne chère que de bons livres. Au menu, huîtres Gillardeau, fine gelée de tourteau, homard, oursins et Saint-Jacques, filet de sole "Drouant", chevreuil noisette et foie gras poêlé. Et pour terminer… les académiciens ont pu déguster un brie de Meaux aux truffes et une poire Belle-Hélène. Le tout naturellement était accompagné de grands crus, Côtes-du-Rhône, Bourgogne et Haut-Médoc.


A quelques mètres de là était décerné le prix Renaudot. C’est Valérie Manteau qui a été récompensée pour son livre "Le sillon" paru le 30 août aux éditions Le Tripode. Elle ne faisait pas partie des finalistes. Dans "Le sillon" Valérie Manteau, 33 ans, évoque la figure du journaliste et écrivain turco-arménien Hrant Dink, militant de la cause arménienne, assassiné le 19 janvier 2007 à Istanbul, par un nationaliste turc de 17 ans. Elle a été chroniqueuse de Charlie Hebdo, éditrice, et depuis 2013, elle est chargée d'édition et de diffusion au Mucem, Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée de Marseille.

Le Renaudot essai a été attribué à Olivia de Lamberterie pour "Avec toutes mes sympathies" paru chez Stock dans la collection "La Bleue". Dans les 253 pages de cette relation autobiographique, la rédactrice en chef adjointe du magazine Elle revient sur la mort tragique de son frère cadet, Alexandre qui s’est jeté d'un pont, à Montréal, en octobre 2015.

Le Renaudot poche a été décerné à l’Algérien Salim Bachi pour "Dieu, Allah, moi et les autres" paru en 2017 dans la Collection Blanche de Gallimard. Au cours des 180 pages de ce récit autobiographique, il s’interroge non sans humour parfois sur quelques questions, sa religion ou son engagement littéraire notamment.

Les jurés du prix Renaudot ont en outre attribué un "prix spécial" à Philippe Lançon, déjà lauréat du prix Femina pour "Le Lambeau".







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