L’ogre hongrois

L'édito de la semaine


Par Rédigé le 08/04/2018 (dernière modification le 08/04/2018)

Viktor Orbán serait une sorte d’ogre monstrueux, aux mille défauts et les Hongrois seraient des enfants envoûtés, marchant comme un seul homme, derrière leur héros. Les journalistes de leur côté sont devenus des conteurs d’histoires monstrueuses… Rappelant que la vie n’est pas un conte de fées, avec des gentils innocents et des méchants dangereux.


Edito 080418.mp3  (1.38 Mo)

Viktor Orbán mène les journalistes occidentaux par le bout du nez et ceci depuis longtemps. Il les emmène où il veut et eux suivent, que dis-je courent, lui faisant régulièrement une publicité dont d’autres rêvent. Autoritaire, nationaliste, raciste, etc... sont les qualificatifs que l’on a pu entendre toute la semaine, décrivant celui qui à coup sûr gagnera ces élections.
D’un côté, des journalistes occidentaux, hérauts des politiques de l’ouest, de l’autre, des politiques d’Europe centrale, hérauts d’une majorité de la population centre-européenne. Ou comment les médias de l’ouest expliquent aux lecteurs de l’est qu’ils ne savent pas voter correctement.
Malgré toutes ces leçons, les derniers sondages donnaient le Fidesz, le parti du Premier ministre, largement gagnant, caracolant loin devant ses adversaires. Des adversaires qui n’arrivent pas à se coaliser pour lui faire face. Seule inconnue, le nombre des abstentions qui pourrait représenter un tiers des électeurs.
Face au Fidesz le Jobbik, son plus sérieux opposant. Parti à l’origine antisémite et d’extrême-droite qui s’étant vu dépassé par le Fidesz sur ces points, glisse désormais et maladroitement vers le centre et des principes plus démocratiques. Il devrait être en deuxième position. Citons le petit nouveau, Momentum, parti qui se rapprocherait sur de nombreux points de la République en marche du président français Macron.
Les médias occidentaux n’ont pas forcément tort, mais ce n’est certes pas ainsi qu’ils vont convaincre les électeurs hongrois et plus généralement ceux d’Europe centrale qu’ils se trompent. Bien au contraire, le résultat de ces élections est attendu avec grand intérêt dans les pays voisins qui n’attendent que cette caution pour appliquer chez eux, différentes politiques mises en place en Hongrie. Hésitant plus ou moins jusque là face aux pays occidentaux et surtout face à l’Union européenne, un groupe est doucement en train de se constituer à l’est de l’Europe.
Des rumeurs circulent même à Bruxelles pour dire que le chef du gouvernement hongrois envisage de sortir du PEE pour créer son propre mouvement. Ces bruits pourraient ne pas être des fake news, Orbán étant devenu au fil des années le poil à gratter de l’Union européenne.


Les actus vidéos du 2 au 8 avril 2018






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