LES INSTITUTEURS DE MAYOTTE EN GREVE POUR RECLAMER L’EGALITE REPUBLICAINE


Par Emmanuel Tusevo Diasamvu Rédigé le 22/03/2011 (dernière modification le 21/03/2011)

Les instituteurs de Mayotte ont décidé, ce lundi 21 mars 2011, de poursuivre la grève illimitée qu’ils ont déclenchée depuis le 14 février dernier à l’appel du syndicat national unitaire des instituteurs et professeurs des écoles (SNUipp). Ils réclament des meilleures conditions de travail, la reconnaissance de leur carrière et l’indexation des salaires.


Rakotondravelo Rivomalala dit Rivo est secrétaire départemental du SNUipp Mayotte (c) E.Tusevo Diasamvu
Ils ont maintenu les rassemblements aux grands axes d’entrée dans Mamoudzou, chef-lieu de la collectivité départementale, suivis d’opérations escargots pour paralyser la circulation. Ils vont également renforcer le blocage des écoles primaires. Ces méthodes de pression leur ont permis déjà de faire entendre leurs revendications. Ils ont pu négocier avec les responsables du vice rectorat et de la collectivité sur le problème de sureffectifs dans les salles de classe.

Rakotondravelo Rivomalala dit Rivo, secrétaire départemental du SNUipp rappelle à ce sujet que lors de son voyage à Mayotte, le Premier ministre François Fillon avait fixé le seuil limite de 28 enfants par classe à l’école élémentaire mais cette recommandation n’a jamais été respectée.

"Le vice rectorat parle de 27 enfants par classe élémentaire mais nous avons plusieurs classes de CE1 à CM2 où l’on comptabilise 31 élèves. Ce nombre va jusqu’à 34 élèves dans les classes maternelles. Les autorités doivent prendre ce problème à bras le corps en tenant compte de la croissance démographique dans l’île, explique Rivo3.

La collectivité s’est engagée à résorber le déficit des infrastructures scolaires au plus tard en 2015 mais les syndicats restent perplexes. "L’engagement de construire de nouvelles salles des classes est une avancée que nous avons obtenue mais nous aimerions des garanties sur leur financement et nous réclamons également la rénovation des anciennes écoles dont 70% sont hors normes de sécurité, déclare Rakotondravelo Rivomalala".

Les grévistes ont obtenu aussi le 16 mars la signature d’un décret qui ouvre la voie des concours internes aux instituteurs de Mayotte.

Manifestation des instituteurs dans les rues de Mamoudzou, chef lieu du département de Mayotte (c) E.Tusevo Diasamvu
Ils continuent de se battre pour la prise en compte de leur ancienneté des services dans la reconstitution de leur profil de carrière et pour bénéficier de la mobilité en France métropolitaine et dans les autres départements d’outre mer. Ils restent inflexibles sur l’indexation des salaires accordée aux fonctionnaires outre mer et réclament une date pour la tenue d’une réunion interministérielle à Paris sur ce sujet, un préalable pour eux à toute suspension de la grève.

"C’est une question d’égalité républicaine, une valeur que l’Etat viole à Mayotte qui est à une semaine de sa départementalisation. L’Etat ne peut pas faire l’impasse sur les revendications des enseignants et encore moins sur le dialogue social, s’insurge Rivo".

Le cabinet du vice recteur indique que l’indexation des salaires ne relève pas de la compétence locale à Mayotte. Il ajoute que la demande des grévistes a été transmise à Paris.
Face à ce qu’il qualifie de surdité de l’Etat , le SNUipp Mayotte appelle les parents d’élèves et les élus à une grande manifestation mercredi prochain 23 mars 2011.





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