La France doit pédaler davantage


Par Rédigé le 19/12/2018 (dernière modification le 18/12/2018)

Le 26 novembre 2018, le gouvernement a dévoilé le contenu d’un "plan vélo" doté d’une enveloppe de 350 millions d’euros. La part des déplacements à vélo en France est jugée trop basse: 3% des transports quotidiens alors que la moyenne européenne est de plus du double. Un effort est à réaliser pour le bien de la planète mais aussi pour la santé des Français. Des mesures sont prévues pour lever les principaux freins. Explications.


Pour la plupart des Français, le vélo reste avant tout un loisir. Photo (c) Mabel Amber

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"L’objectif est de tripler la part du vélo dans nos déplacements quotidiens, pour atteindre 9% en 2024, alors que la France accueillera les Jeux olympiques" a déclaré le Premier ministre Édouard Philippe lors de la présentation du projet de Loi d’Orientation des Mobilités, qui doit être votée courant 2019. Pour y parvenir, un "plan vélo" prévoit des mesures concrètes destinées à inciter les Français à préférer la "petite reine" plutôt que des moyens de locomotions polluants. Première visée: la voiture, bien évidemment.

Ces mesures sont le fruit d’une consultation nationale qui s’est tenue courant 2017. Usagers, collectivités, acteurs économiques et ONG ont été conviés à participer et à faire émerger de nouvelles solutions concernant l’amélioration de la mobilité.

La sécurité est la première des raisons avancées par les réfractaires: pas suffisamment de voies réservées et non-respect des deux-roues par les automobilistes et les poids lourds. Pour pallier ces freins, un Fonds national "mobilité active" de 350 M€ visera à soutenir les projets de création d’axes cyclables. Concernant les poids lourds, l’objectif est de rendre obligatoire les équipements de détection de présence d’usagers dans les angles morts.


Des aides financières au programme

Autre obstacle à l’utilisation plus régulière du vélo: l’absence de lieux sécurisés pour stationner, en particulier à proximité des gares et des stations de bus. Pour résoudre ce problème, il est prévu d’équiper les gares et pôles d’échanges en zones de stationnements spécifiques.

Les mesures visent aussi la protection contre le vol. L’an passé, plus de 300.000 bicyclettes ont été dérobées. Le coût du remplacement est évalué à 90 millions d’euros. Les zones de stationnement seront sécurisées. De plus, un système de marquage de chaque vélo sera généralisé. Il permettra au propriétaire de récupérer son bien lorsque celui-ci aura été retrouvé par la police. Il est aussi censé dissuader du recel et de la revente illicite.

L’argument économique est également au cœur du débat. Le vélo est peu onéreux par rapport aux autres moyens de locomotion mais son coût peut devenir significatif lorsqu’il s’agit de s’équiper d’un modèle électrique. Un nouveau soutien à l’achat de ce type de vélo est en préparation, de même qu’un "forfait mobilité durable" pour tous les salariés. Les employeurs pourront ainsi contribuer au frais de déplacement domicile-travail de leurs salariés sur une base forfaitaire de 400 €/an, en franchise d’impôt et de cotisations sociales. D’autre part, le vélo sera introduit dans le barème fiscal servant à rembourser les frais de déplacements des salariés.

Faire du vélo un moyen de locomotion comme un autre

La bicyclette est aussi victime d’un déficit d’image dès lors qu’il s’agit de l’utiliser en dehors d’une activité de détente. Nombreux sont les Français à ne pas la considérer comme un possible moyen de transport quotidien, sans compter ceux qui ne savent pas en faire (environ 10% de la population). Améliorer cette vision sera un travail de longue haleine qui passe par la sensibilisation des enfants. Le "plan vélo" prévoit la mise en place d’un dispositif qui permettra aux jeunes rentrant en 6ème de maîtriser sa pratique de manière autonome et en toute sécurité.
Pour les adultes, le chemin parait encore très long. Les bienfaits pour la santé et la réduction des émissions de CO2 sont des arguments qui ne semblent guère résister aux charges de la vie quotidienne: fatigue liée au travail, transport des enfants, courses, intempéries…

Le changement demandé est radical pour des Français qui sont près de 60% à utiliser leur voiture pour faire moins de 2 km… Pas étonnant que, selon une récente étude, 84% d’entre eux soient "sceptiques" quant aux chances de réussite du plan vélo d'ici à 2024.







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