La chronique culturelle de Colette: On est entré dans la saison des prix


Par Rédigé le 07/11/2016 (dernière modification le 06/11/2016)

Elle a commencé cette année le 25 octobre 2016 avec le Femina, a continué le 27 avec celui de l'Académie française. Elle se poursuivra avec le Médicis le 2 novembre, le Goncourt et le Renaudot le 3 novembre. Puis viendront le Prix Décembre le 7 novembre et l'Interallié le 8 novembre. Ces remises automnales se termineront avec le Prix de Flore lui aussi le 8 novembre et le Prix Wepler le 14 novembre.


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Tout d'abord le prix Femina. Il a été décerné à Marcus Malte pour "Le garçon" en août 2016 aux Éditions Zulma. Auteur inclassable d’une dizaine de romans dont des polars. Au long de 544 pages "Le garçon" conte l'histoire d’un enfant quasi sauvage et sans nom dans le sud de la France entre 1908 et 1938. Pour l’historienne Mona Ozouf, présidente du jury du Femina "Ce livre est une grande épopée, une histoire magnifique qui ressuscite le mythe de l’enfant sauvage qui parvient à la civilisation". Et elle précise: "Une grande épopée, roman d’apprentissage et allégorie de l’ensauvagement des hommes par la guerre". Le lauréat a été préféré aux quatre autres auteurs restés en lice, Nathacha Appanah avec "Tropique de la violence" chez Gallimard, Laurent Mauvignier avec "Continuer" aux Éditions de Minuit et Luc Lang avec "Au commencement du septième jour" chez Stock et Thierry Vila avec "Le cri" chez Grasset.
Le prix Femina du roman étranger a été attribué à l'américano-libanais Rabih Alameddine pour "Les vies de papier" chez l'éditeur Les Escales et traduit de l’anglais par Nicolas Richard. Il nous emmène à Beyrouth, à travers l’histoire et le portrait d’une traductrice littéraire libanaise de 72 ans. C'est un hommage à la littérature et au Liban dans tous ses aspects, loin des guerres qui agitent le pays depuis si longtemps. Le Femina de l'essai est allé à Ghislaine Dunant pour "Charlotte Delbo, La vie retrouvée", chez Grasset. Biographie de cet écrivain résistant déporté à Auschwitz en 1943.

Le 27 octobre, c'est la romancière Adélaïde de Clermont-Tonnerre, par ailleurs directrice de la rédaction de Point de vue, qui a reçu le Prix de l'Académie française pour son second roman "Le dernier des nôtres", sous-titré "Une histoire d'amour interdite au temps où tout était permis", paru chez Grasset. Son premier roman, "Fourrure", publié en 2010, avait été récompensé par le prix Françoise-Sagan. "Le dernier des nôtres" l'a emporté devant "Livre pour adultes" de Benoît Duteurtre et "Légende" de Sylvain Prudhomme. Le roman nous entraîne de l'Allemagne en ruines de 1945 au Manhattan de la fin des années 1960 et du début des années 1970. Grâce au personnage de Werner Zilch, orphelin de naissance, et entrepreneur dans le bâtiment. Le jeune homme s'est épris à New York de Rebecca Lynch, fille d’un milliardaire, riche héritière doublée d'une artiste. A propos de cette époque l'auteur confiait en août dernier "J'aime cette décennie, parce que c'était une période un peu folle où on fumait, on buvait, on roulait vite… Avec une énergie créative incroyable. Il y a eu une effervescence artistique, littéraire et musicale absolument folle et puis c'est peut-être la seule décennie de tout ce siècle où l'argent n'a pas été la valeur suprême. On a vraiment cru qu'on allait changer le monde". Si l'on en croit Étienne de Montety dans son éditorial du Figaro littéraire daté du 1er septembre 2016, ce roman d'aventures embrasse une partie de l'histoire contemporaine avec "une intrigue bien ficelée", le tout pimenté d'amours tumultueuses.


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