La dyslexie, parlons-en


Par Rédigé le 29/01/2019 (dernière modification le 28/01/2019)

Des copies truffées de fautes, des lettres dansantes au tableau et les soupirs des professeurs fatigués de se répéter, voici le quotidien de nombreux enfants.


Apprendre avec des cartes mentales. Photo (c) M.Colombier

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Les troubles "dys", c’est-à-dire la dyslexie, dysphasie, dyspraxie, dyscalculie et dysorthographie, sont des difficultés de langage, de prononciation, d’orthographe ou encore de mouvements qui occasionnent des troubles d’apprentissage chez les enfants. Des problèmes qui peuvent se poursuivre à l’âge adulte et limiter l’intégration professionnelle. La semaine dernière était la semaine de sensibilisation sur la dyslexie (du 21 au 27 janvier 2019). Aujourd’hui la dyslexie on en parle mais pas assez.

La dyslexie touche entre 8 à 10% des enfants selon l’OMS et touche trois fois plus les garçons que les filles. Il s’agit d’un trouble cognitif touchant l'ensemble des processus cérébraux qui permettent d'apprendre: la saisie des informations, leur stockage et leur traitement. Les mots disparaissent, les lettres se mélangent sans cesse, les sons ne retrouvent plus leurs lettres. La plupart des enfants "dys" mettent plus de temps à réaliser leur travail. Ils rencontrent des difficultés d’organisation, d’anticipation, et de mauvaise compréhension des consignes. Et malgré leurs efforts soutenus, ils entendrons souvent qu’ils n’y mettent pas beaucoup de bonne volonté. Ces difficultés rendent un dyslexique peu sûr de lui. Les enfants vivent les notes comme un jugement de leur valeur. Avec des mauvaises notes, ils remettent en cause leur potentiel. Et pourtant ces enfants sont souvent très intelligents.

Ces enfants ont simplement besoin d'apprendre autrement. Après un diagnostic pluridisciplinaire, les enfants sont en général suivis par une orthophoniste, mais cela ne suffit pas. Il faut qu'à l'école les méthodes d'apprentissage soient adaptées. Mais l’enseignement "classique" de la lecture et de l’écriture tel qu’il est pratiqué de nos jours dans les écoles ne fonctionne pas pour eux. Ils ont besoin d’une pédagogie adaptée, d’outils spécifiques, d’aménagements pour les examens. Les outils numériques sont également des clés essentielles pour dépasser les obstacles de lecture et d’écriture. Tous ces aménagements sont possibles depuis 2015 grâce à une loi donnant la possibilité de développer un PAP (projet d’accompagnement personnalisé) au sein de l’école pour les élèves souffrant de troubles de l’apprentissage. Les enfants "dys" peuvent donc bénéficier d’une pédagogie adaptée à leurs différences.

Mais la difficulté réside dans la mise en œuvre de ces plans d’accompagnement en raison d’un déficit de formation des enseignants. A part quelques enseignants spécialisés, la plupart ne sont pas suffisamment formés pour proposer une pédagogie adaptée. Leur formation initiale n’inclut pas les troubles de l’apprentissage. Et pourtant, ces enfants sont scolarisés en classe ordinaire, avec ou sans auxiliaire de vie scolaire (AVS). Auxiliaires de vie scolaire très souvent mutualisées et débordées pour lesquelles les parents ont vécu un véritable parcours du combattant médico-administratif, devant obligatoirement faire reconnaitre le handicap de leur enfant pour en bénéficier.

Mais si la situation pourrait être améliorée, elle est loin d’être désespérée. La pédagogie adaptée se développe dans nos écoles, des associations fourmillent de projets et le numérique permet aux parents de soutenir leurs enfants à la maison. Et surtout l’image que l’on se fait du dyslexique a bien évoluée. Il n’est plus considéré comme un déficient intellectuel. On sait désormais aujourd’hui qu’Albert Einstein, Léonard De Vinci et John F. Kennedy étaient dyslexiques… quel bel avenir pour nos enfants dys-fférents.







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