La liberté des médias sous les fourches caudines

Écoutez un regard décalé


Par Rédigé le 30/09/2015 (dernière modification le 30/09/2015)

C'est la rentrée pour les étudiants et plus particulièrement pour les écoles de journalisme.
Toute controversée qu'elle soit, la profession de journaliste reste encore très attractive auprès des jeunes bacheliers. Mais aujourd'hui, les lauréats du baccalauréat ne sont plus les seuls à vouloir suivre des cours de journalisme. Les réseaux sociaux principalement ont fait apparaître de nouveaux intérêts et besoins. C'est peut-être une réaction à l'érosion de la confiance du public, envers les journalistes et de leur capacité à remplir leur rôle de chien de garde du pouvoir quel qu'il soit au sein de nos sociétés.


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En effet, ceux inscrits dans les écoles de journalisme ne sont plus forcément des personnes prétendants à la profession de journaliste. Impliqués dans la société, ils ont leur mot à dire, et veulent le dire correctement et le faire savoir le plus possible. Pour cela, ils n'ignorent pas qu'ils leur faut respecter des codes et des règles, qu'ils sont prêts à apprendre.
La profession évolue et ses supports aussi. De nouvelles formes de journalisme apparaissent, de nouveaux formats journalistiques aussi. Les écoles se doivent de suivre le rythme de ces innovations. Mais quel que soit le choix de son support, écrit, radio, audiovisuel ou internet, l'écrit reste la base. Tous doivent en être conscient.
Et si clairement, le journalisme reste un métier, il n'est pas interdit à ceux qui veulent écrire sur un sujet quelconque et donner leur opinion. La multitude des supports existants les y encourage d'ailleurs. Le débat n'est certes pas là. Il se situe à un autre niveau qui est surtout celui de la déontologie et son corollaire, la liberté des médias.

A ce sujet, un excellent travail de recherche vient d'être publié par les éditions Panthéon Assas "Autorégulation et liberté des médias en Europe". Écrit par Adeline Hulin en charge de la promotion des médias dans les nouvelles démocratie de l'Europe de l'Est à l'OSCE puis à l'UNESCO, ce livre démontre que la liberté des médias en ce début du XXIe siècle est en retrait partout dans le monde, même en Europe. Et cela malgré l'expansion illimitée du nombre de sources d'information en ligne liée aux nouvelles technologies.
Chez nous, en Europe occidentale, ce sont les pressions économiques, politiques et juridiques qui sont responsables des attaques contre la liberté des médias. Même si l'Europe reste un bastion de cette liberté, nul n'ignore que rien n'est acquis dans ce domaine comme dans d'autres, il n'y a qu'à se rappeler l'attaque meurtrière contres les journalistes de Charly Hebdo de janvier dernier. Le journal satirique continue à faire l'actualité et à vivre les conséquences de cet assaut assassin. En Europe et Asie centrales, espaces héritiers des anciens régimes communistes, les atteintes à la liberté des médias sont plus liées au régime politique des pays concernés.
Le travail de recherche d'Adeline Hulin présente tout d'abord l'essor des mécanismes d'autorégulation des médias à travers les codes d'éthique de la profession et les organismes mis en place par celle-ci comme les conseils de presse. Organismes qui ont le sait, sont aujourd'hui remis en question après différents scandales liés aux médias sous influence.
L'auteure rappelle à juste titre, que la presse est au service du débat démocratique et qu'en cela elle remplit une mission d'intérêt général justifiant le combat mené pour la liberté d'expression.
Qu'elle est la solution pour améliorer le travail des conseils de presse? Substituer l'autorégulation à la corégulation, qui ferait en sorte que les "journalistes" soient "surveillés" déontologiquement tant par leurs médias et que par les autorités, sur la base d'un potentiel consensus. Qu'il est difficile de trouver le juste milieu lorsque l'on parle de liberté qu'elle qu'elle soit.

"Autorégulation et liberté des médias en Europe, Impact, perspectives et limites"
Adeline Hulin, Editions Panthéon Assas, 2015.





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