La ligue du LOL: c'était pour rire

L'édito de la semaine


Par Rédigé le 17/02/2019 (dernière modification le 17/02/2019)

Depuis une semaine, le petit monde des médias ne parle plus que de cela. Des journalistes, des hommes dans leur grande majorité, ont harcelé d’autres journalistes, des femmes dans leur grande majorité, via Twitter, en toute impunité et pendant de longues années. Ces révélations ne sont évidemment que l’arbre qui cache la forêt ou si vous préférez le cache-sexe de la bêtise humaine.


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Rappelons les faits. En 2009, un journaliste, jeune, branché, parisien crée un groupe Facebook qu’il intitule "La ligue du LOL". Avec ce nom, vous avez déjà compris le niveau. Ce groupe a rassemblé une trentaine d’autres types au même profil se créant un confortable entre soi. Leurs occupations préférées? Harceler par messages et autres photomontages odieux sans parler d’intimidations, des consœurs ou des confrères sur Twitter. On s’occupe comme on peut…

Le profil, voilà un point sur lequel il est important de s’arrêter. Tous ces messieurs sont issus de rédactions de médias classées à gauche et qualifiés le plus souvent de branchés. De là à dire qu’ils ne sont pas loin de donner des leçons de morale à ceux qui à leurs yeux se comportent mal, il n’y a qu’un pas que nous franchirons allègrement. Tous les jeunes journalistes rêvent d’intégrer leurs rédactions: Les Inrocks, Libération, Télérama, etc… Précisons néanmoins que c’est le site ChekNews de Libération qui a révélé le scandale. Tous ces beaux messieurs accusés ont reconnu pour la majorité d’entre eux les faits. Difficile d’ailleurs de faire autrement, car bien que certains aient tenté d’effacer les preuves sur le Net, ils sont les premiers, en tant que spécialistes, à savoir que cela n’est pas toujours possible. Et pour une fois, ce n’est pas plus mal. Aujourd’hui au minimum ils sont mis à pied et au maximum, ils ont été remerciés. Il va y avoir des postes libres à saisir pour nos consœurs et c’est tant mieux! Pour ceux qui trouveraient cela injuste, nous leur répondrons qu’il est temps qu’elles puissent faire leurs preuves et que comme d’autres néophytes en politique ou ailleurs, réussir ou échouer. Dans tous les cas, avancer. N’est-ce pas Françoise Giroud qui en 1983 disait dans une interview donnée au Monde que "La femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente". Puisqu’on le fait bien pour les hommes donnons cette chance cette fois-ci aux femmes! Mesdames, à vous de jouer!

Il n’est pas anodin, qu’au même moment un sondage révèle que 22% de jeunes Français sont harcelés en ligne et qu’enfin le harcèlement scolaire devienne un vrai problème de société. Parce qu’avec leur bêtise, ces harceleurs doivent être conscients que chaque année des jeunes et des adultes, au pire se suicident au mieux et c’est une façon de s’exprimer, sont hospitalisés pour dépression!

Ne nous y trompons pas, à l’origine du harcèlement, il y a le pouvoir. Le pouvoir que l’on croit avoir sur quelqu’un d’autre. Il y a ensuite le rejet de la moindre différence. Vous êtes une femme, personnes de couleur - quelle qu’elle soit - homosexuel(le) et vous avez le profil idéal pour être harcelé. Dans la cour de récréation, vous êtes une fille ou un garçon, gros(sse), pas branché(e), et vous ne connaissez pas le nom de joueurs de football… alors même punition.

Sexistes, homophobes mais aussi antisémites. Là aussi, au moment où Paris semble se couvrir de tags antisémites et où chacun y va de son indignation légitime, dans les mêmes rédactions, ces messieurs harcelaient leurs confrères et consœurs à coup de photomontages où on leur rappelait leurs origines sémites à coup d’étoiles jaunes, de croix gammées et de références à Hitler en passant par le négationnisme des camps de concentration. Rien que cela, décidément, ces messieurs n’avaient aucune limite.

Même pas semble-t-il celle de leur chef pour certain. Si aujourd’hui des directions ont réagi immédiatement à la publication de ces révélations, en son temps ce ne fut pas toujours le cas. Difficile en effet, de croire que son copain, son confrère, que l’on a engagé et avec qui on a tant d’affinités puisse être un harceleur dont les activités aujourd’hui tomberaient sur le coup de la loi. Et difficile pour certains encore aujourd’hui de reconnaitre qu’ils n’ont pas su bien réagir. Quand on est tout en haut de la pyramide, il est toujours difficile de se remettre en cause. Forcément, il a y tant à perdre. Alors les excuses, c’est seulement quand on y est obligé et encore il ne faut pas trop en demander ni exagérer. Dommage, un bon mea culpa ferait un bel exemple pour ceux qui seraient tentés par le harcèlement et permettrait surtout aux victimes de se reconstruire et de ne plus douter de leur valeur.


Les actus vidéos du 11 au 17 février 2019






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