La vie publique en France: extrême liberté d’expression ou américanisation de la presse?


Par Rédigé le 28/01/2014 (dernière modification le 28/01/2014)

L’une des célèbres phrases de Pierre Desproges disait "on peut rire de tout mais pas avec tout le monde". En ce début d’année l’affaire Hollande/Gayet révélée par le magazine Closer évoquait la relation entre l’actrice et productrice Julie Gayet et le président François Hollande n’a pas fait rire l’Élysée et encore moins Valérie Trierweiler sa compagne "en titre". Sommes-nous à un point d’évolution des médias français qui marque la fin du secret de la vie intime de nos gouvernants?


La presse comme le troisième œil de l’opinion publique

L’Elysée embarrassée par l’affaire Hollande/Gayet révélée par Closer. Photo (c) DR

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C’est connu, l’humour est l’arme utilisée pour véhiculer avec subtilité des vérités et s’offrir une liberté d’expression très critique sur le monde politique, social et économique. Être capable de tourner en dérision n’importe quel fardeau, mais il s’agit tout autant d’une revendication légitime de penser que la vie politique rime aussi avec secret. Faire semblant de ne pas savoir et pourtant l’information a pignon sur rue.
Dans nos démocraties modernes les politiques s’imposent la transparence comme dogme de bonne gestion et de baromètre pour monter leur efficacité dans l’accomplissement de leurs responsabilités. En revanche, dans la sphère extra-professionnelle, le secret dont ils veulent se prévaloir est si mince que les médias surfent sur cette fissure qui à elle seule peut ébranler une carrière, gérer, aseptiser pendant des années.
Suite aux révélations de Closer, la question récurrente dans l’opinion publique était de savoir si ce magazine avait le droit ou pas de toucher à l’intimité et à la sacralisation du pouvoir de président. Mais l’autre question était aussi de savoir si François Hollande avait le droit de mener une double vie sachant qu’il est le garant du pouvoir présidentiel. La démocratie soupape du bon fonctionnement des médias est à double tranchant pour la politique et le secret d’État. C’est encore la presse qui a révélé l’existence de Mazarine, la fille de François Mitterrand. Cette transparence qui met à nu la vie privée de nos politiques est peut-être la garantie de crédibilité qu’ils doivent à la population?


Vie privée – vie publique: où est la séparation?

Au pays de l’oncle Sam, les Américains attendent davantage de l’intégrité des résultats politiques, économiques et sociaux de leurs gouvernants que du comportement irréprochable de ceux-ci dans l’approche de leur vie publique voire familiale. Tromper, cocufier sa femme ou son mari dans ce pays d’obédience protestant pour une personnalité publique est un crime plus que de voler ou de mentir sur un quelconque budget. Les affaires Monica-gate (Bill Clinton/Monica Lewinsky) et Tiger Woods (le célèbre golfeur qui a trompé sa femme en ayant de nombreuses conquêtes) en sont un exemple évident.
Closer a vraisemblablement passé un cap de l’information. De l’hospitalisation de Valérie Trierweiler à la révélation du Journal du Dimanche évoquant sur son site internet que François Hollande devait officialiser la fin de son histoire avec celle-ci via un communiqué publié par l’Élysée, est devenue le feuilleton croustillant de ce moment. Jamais de mémoire de président, l’Élysée n’avait fait pareil communiqué. Finalement, il a annoncé à l'AFP, par téléphone et à titre privé: "Je fais savoir que j'ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler". (Voir vidéo)

Même si la France entière savait que la vie sentimentale du président Hollande était compliquée du faite de son concubinage avec la journaliste Valérie Trierweiler, elle était loin de se douter de la double vie de celui-ci. Mais contrairement à la presse internationale qui se moque de cette situation hilarante, les Français dans leur quasi-totalité semblent être plus tolérants à l’égard de ses escapades extraconjugales.





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