Le Vésuve: une bombe à retardement (1/2)


Par Rédigé le 03/08/2014 (dernière modification le 02/08/2014)

La troisième étape de notre promenade dans la Campanie italienne est le mont Vésuve. Il est sans doute le plus célèbre et le plus étudié des volcans actifs du monde du fait de son extrême dangerosité. Mais si le Vésuve sommeille depuis 1944, une activité sismique préoccupante montre que son réveil est quasi inéluctable.


Vésuve. Photo (c) Virginie Dubreuil

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Le Vésuve est né de l'activité sismique intense qui règne en Italie du sud, une zone de subduction particulièrement active située entre les continents africain et européen, où deux plaques tectoniques convergent. La plaque africaine glisse lentement vers le Nord-Ouest sous la plaque eurasienne qui dérive vers le sud, provoquant ainsi la fusion du manteau terrestre qui se transforme en magma. Poussé vers la surface, le magma se fraie un chemin à travers les fissures de l'écorce terrestre que sont les deux grands ensembles volcaniques actifs, l’Italie insulaire (Etna, îles Éoliennes) et l’Italie péninsulaire (Champs Phlégréens, Vésuve).

Les vulcanologues ont recensé une cinquantaine d’éruptions du Vésuve en l’espace de deux mille ans. Elles n’ont cependant plus jamais atteint l’intensité apocalyptique de l’éruption plinienne qui a détruit Pompéi en 79 de notre ère. Assoupi depuis plus de 60 ans, le Vésuve n’a même pas présenté d’éruption majeure depuis plus de trois siècles. Les fumerolles qui se dégagent en plusieurs endroits du cratère rappellent pourtant que ce calme est trompeur. Les vulcanologues s'attendent à une nouvelle éruption particulièrement violente, peut-être dans les prochaines décennies. En effet, après la dernière éruption survenue en 1944, la lave et les roches solidifiées ont obstrués le conduit reliant la chambre magmatique au cratère, emprisonnant le magma à une profondeur de 8 km et entravant la libération progressive des gaz. L’accumulation de magma provocant une augmentation progressive de la pression, elle risque de faire sauter ce bouchon, causant une éruption explosive de type plinien ou subplinien. Plus le Vésuve restera assoupi longtemps, plus la quantité de matériaux disponibles dans la chambre magmatique sera importante et donc plus le réveil du volcan sera potentiellement violent et dangereux pour les habitants de la baie de Naples.

Francesco Russo, président de l'Ordre des géologues de la région napolitaine, estime qu’il existe presque une chance sur trois qu'une éruption de type explosif de forte intensité se produise dans les cent prochaines années. Selon une étude de chercheurs volcanologues italiens et américains publiée aux États-Unis en 2006, l’explosion pourrait être plus dévastatrice encore que celle qui a détruit Pompéi en 79 de notre ère. Elle serait potentiellement semblable à celle qui s'est produite à l’âge de bronze (il y a 3.780 ans) et qui a entraîné un effondrement socio-démographique et un abandon de toute la région pendant des siècles. Alors si personne ne peut prédire la date de la prochaine éruption du Vésuve ni son ampleur, l’événement reste malheureusement inéluctable…







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