Le foyer logement devenu "résidence autonomie"


Par Rédigé le 13/07/2017 (dernière modification le 12/07/2017)

Avec la loi d’Adaptation de la société au vieillissement, votée en 2016, l’État français a fait évoluer ces mesures concernant le vieillissement et l’autonomie. À cette occasion les foyers-logements ont vu leur rôle d’accompagnement se renforcer. Pour en savoir plus sur ces structures, nous sommes allés à la rencontre d’Alain, président d’un foyer de 30 logements et de 7 salariés, dans un village du sud-est de la France.


Interview

Illustration. Photo libre de droit.

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Qu’est-ce qu’un foyer logement structure classée comme EHPA?

"La terminologie "Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées" est très large car elle couvre plusieurs types de structures, privées et publiques. Depuis le vote de la loi ASV dont l’application date du début de l’année 2016, il faut maintenant préciser que cette loi apporte un souffle nouveau aux foyers-logements en particulier, qui se dénomment dorénavant "résidence autonomie". Des missions précises leur sont données, avec un socle minimal de prestations obligatoires dont la mise à disposition d’un logement privatif".

Quelles différences entre les EHPA et les EHPAD?

"L’EHPAD est une structure médicalisée accueillant les personnes dépendantes, contrairement aux autres organismes".

Votre établissement a-t-il des activités annexes autres que l’hébergement?

"Nous offrons tous les autres services et animations entrant dans les prestations obligatoires des résidences autonomie: mise à disposition et entretien de locaux collectifs; accès à un service de restauration; accès à un service de blanchisserie et aux moyens de communication; accès à un service de sécurité individuel 24h/24; des actions collectives et individuelles de prévention de la perte d’autonomie; des prestations d’animations de la vie sociale. Pour cela notre structure a comme commun un bâtiment comportant un restaurant, une salle de télévision, une salle pour les activités et réunions, une buanderie et les locaux administratifs".

Quel type de population avez-vous dans votre établissement?

"Notre établissement accueille toute personne valide à partir de 60 ans. Nous avons surtout des personnes seules avec une large majorité de femmes".

Comment se porte votre établissement?

"Nous sommes une petite structure fragile qui ne doit son équilibre budgétaire qu’à un taux d’occupation des logements maximum, ce qui n’est pas le cas tous les ans. Ceci dit, nous fonctionnons quand même sans subvention depuis une vingtaine d’années".

Est-ce que votre établissement développe des partenariats pour ses activités? Si oui, avec quel type de structure et pour quoi faire?

"Nous avons une politique de "réseaux" qui nous permet de profiter au maximum des partenariats avec les associations locales et les autres organismes médico-sociaux et hospitaliers qui nous environnent. Cela permet d’enrichir notre offre d’activités de lutte contre la dépendance, d’animations de la vie sociale et enfin, de permettre le maintien de résidents atteignant les limites de l’indépendance".

Comment les acteurs publics accompagnent-ils les résidences autonomie?

"Pour ce qui concerne notre résidence autonomie, agréée par le Conseil départemental, nous sommes éligibles au "forfait autonomie" qu’il distribue et la Mairie a la charge de l’entretien des extérieurs, voies de circulation et massifs végétalisés, de la résidence".

Le forfait autonomie c’est quoi?

"La loi ASV entend développer les activités de prévention de la perte d’autonomie des résidences-autonomie. Elle complète en outre leur mission de prévention en leur demandant de proposer un minimum de prestations individuelles ou collectives aux résidents. Pour appuyer le développement de cette prévention, les résidences autonomie reçoivent une aide modulable dite "forfait autonomie". Ce forfait s’intègre dans le champ d’action de la Conférence des financeurs, présidée par le président du Conseil départemental, qui en assure la gestion, et vice-présidée par l’Agence régionale de santé".

Avec l’allongement de l’espérance de vie en bonne santé, les résidences autonomie sont-elles une des solutions d’avenir?

"Les foyers-logements qui privilégiaient la liberté, comme lorsqu’on loue un logement dans la vie courante, étaient déjà une bonne réponse car le résident pouvait à sa convenance accéder aux animations et services, dans un cadre rassurant. Avec la loi ASV, une composante est particulièrement renforcée avec les moyens supplémentaires pour lutter contre la dépendance, que nous venons d’évoquer".

Si demain vous étiez député ou ministre, quelles mesures voudriez-vous mettre en place concernant les personnes âgées et l’autonomie?

"Dans le prolongement de la loi ASV, je souhaiterais des mesures fiscales pour augmenter le nombre de petites structures de résidences autonomie dans les zones qui en sont dépourvues".

Voulez-vous rajouter quelque chose à notre entretien?

"Je voudrais attirer l’attention sur l’esprit de cette loi sur l’Adaptation de la société au vieillissement. Nous sommes au début de son application et aujourd’hui, elle ne semble utilisée que pour les personnes dites "âgées"; or sa formulation même est très lourde de sens car la notion de vieillissement couvre un processus qui commence quand on est encore jeune. Nous avons donc à faire à une loi "transgénérationnelle" et non uniquement faite pour nos aînés. Un exemple: pour tous les établissements médico-sociaux, comme les résidences autonomies en particulier, leurs offres sur la lutte contre la dépendance peuvent aussi intéresser des populations extérieures à la résidence et même de moins de 60 ans si le besoin s’en fait sentir".







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