Le virus du sida se propage à une vitesse inquiétante

CP


Par E.E. Rédigé le 20/07/2010 (dernière modification le 20/07/2010)

La 18e Conférence internationale sur le VIH/Sida s'est ouverte dimanche 18 juillet à Vienne. Soutenue par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), la conférence "SIDA 2010" rassemble près de 20000 délégués venus du monde entier. Organisée cette année au cœur de l'Europe, elle concentre ses travaux sur l'épidémie en Europe orientale et en Asie centrale, régions où la prévalence du virus continue d'augmenter.


Pour ce rassemblement de plus de 20000 chercheurs, médecins, membres d'associations la communauté internationale a choisi pour thème "Des droits ici et maintenant", en mettant surtout l'accent sur la transmission de la mère à l'enfant.

Pendant que la conférence internationale a lieu en Autriche, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) tire la sonnette d'alarme sur la situation des jeunes en Europe de l'Est et en Asie centrale où le virus du sida se propage à une vitesse inquiétante.

Exclusion sociale, stigmatisation, manque de prévention et comportement dangereux expliquent notamment que 76% des jeunes séropositifs de ces régions ne reçoivent pas de traitement à l'heure actuelle, selon ce rapport intitulé "Blâme et bannissement".
Selon le rapport de l'UNICEF, seulement 24% des jeunes touchés par le VIH dans cette partie du monde et qui ont besoin de traitement antirétroviral en reçoivent. L'exclusion associée à l'infection par le VIH/Sida est endémique, qu'il s'agisse d'enfants refusés dans des écoles parce que leur séropositivité est connue, ou d'adolescents marginalisés, notamment utilisateurs de drogue ou se livrant au commerce du sexe pour survivre.

"Beaucoup de jeunes de la région redoutent que ces comportements à risques soient portés à la connaissance de la justice s'ils participent à un test de dépistage, demande un traitement ou participe à tout autre programme de réduction de la criminalité liée à ces comportements. (...) Une grande partie des adolescents les plus à risque a souvent des difficultés à avoir accès à l'aide médicale et aux prestations offertes aux adultes. (...) Les personnes infectées redoutent davantage l'exclusion sociale que les conséquences de la maladie sur la santé", a indiqué la Conseillère principale pour le VIH/Sida en Europe centrale et de l'Est et dans la Communauté des États indépendants, et co-auteur du rapport, Nina Ferencic.

En Europe de l'Est et en Asie centrale, plus d'un million d'enfants vivent dans la pauvreté, hors de toute structure familiale, exposés donc à des comportements dangereux pour subvenir à leurs besoins.
"Les enfants et les adolescents qui sont marginalisés ont besoin d'accéder à des traitements ou des services de santé et de prévention, ils n'ont pas besoin d'une dose de désapprobation", a souligné de son côté le Directeur exécutif de l'UNICEF, Anthony Lake.
Le rapport précise qu'il existe un grand nombre de jeunes exclus de la société qui ont besoin d'aide et qui attendent du soutien. A la condamnation et l'exclusion, il propose de substituer la prise en charge et la compassion.
"Nous ne pouvons pas briser la trajectoire de l'épidémie sans renforcer la protection de l'enfance et de l'adolescence. Nous n'avons pas le droit de leur dérober leur jeunesse. C'est notre responsabilité de nous assurer qu'ils ont accès à des services de prévention et de traitements", a déclaré le Directeur de l'ONUSIDA, Michel Sidibé.

Une Commission mondiale sur le VIH/Sida et le droit, composée de chercheurs, scientifiques, médecins, juristes, malades, associations de la société civile et représentants de gouvernements, va vérifier les mesures législatives des États, pour mettre en avant les dispositions qui ralentiraient la lutte contre la pandémie. Les conclusions seront publiées sous la forme de recommandations, en décembre 2011.


Lors de la conférence mondiale dans la capitale autrichienne, la chanteuse du groupe Eurythmics et militante féministe écossaise Annie Lennox, nommée Ambassadrice de bonne volonté d'ONUSIDA, était présente parmi les invités d'honneur.

Écoutez un extrait audio ci-dessous.
Source: Nations Unies





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