Les impertinences de Cannes 2016


Par Rédigé le 17/06/2016 (dernière modification le 17/06/2016)

Comme chaque année, la 69e édition du Festival de Cannes a eu son lot de glamour, de cinéma bien sûr, mais aussi d’incontournables coups de gueule, du plus léger au plus osé. L’occasion de s’arrêter sur quelques moments forts en revendications qui ont bien fait parler d’eux.


Image du domaine public.

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Elle a monté les marches pieds nus et la croisette n’a pu passer à côté. Le 12 mai 2016, l’actrice américaine de 48 ans, Julia Roberts, venue dans le cadre de la projection de "Money Monster" de Jodie Foster, a emprunté les marches du Palais des Festivals pour la première fois de sa carrière. Plus resplendissante que jamais dans sa splendide robe noire, c’est pieds nus qu’elle a décidé de fouler le tapis rouge.

Cet acte revendicatif fièrement assumé intervient en protestation à la polémique du port de talons de rigueur pour les femmes qui avait quelque peu ébranlé l’édition 2015. En effet, certaines festivalières s'étaient vues refuser l’accès aux projections pour motif de chaussures plates. La star de "Pretty Woman", aussi indomptable dans la vraie vie que l’est son personnage, n’a pas hésité à affirmer sa position avec une élégante irrévérence, sous l’œil amusé de son complice à l’écran Georges Clooney.


Pluie de doigts d’honneur sur la Croisette

Parmi les impertinences notables, le Festival de Cannes a connu plusieurs levées de majeurs inattendues. Les lauréats? Fabrice Luchini, réputé pour ne pas avoir sa langue dans sa poche, a une fois de plus fait honneur à sa réputation le 13 mai 2016.

Lors de la conférence de presse du film de Bruno Dumont, "Ma Loute", pour lequel il partage l’affiche avec Juliette Binoche, Luchini a remis les épicuriens aficionados de l’apéro à leur place. "Je hais la fascination de l'apéritif en France (...) Moi, ça me fout le bourdon l'apéro, parce que l'apéritif, ça déplace le moment du dîner" a déclaré le comédien avant de lancer un doigt d’honneur à l’assemblée.

Dans un autre registre, Viggo Mortensen et l’équipe de "Captain Fantastic" ont tous en chœur levé leur doigt du milieu lors du photocall mais aussi avant la projection. Une attitude désinvolte qui colle bien à l’atmosphère du film retraçant le parcours d’un père et ses choix marginaux, élevant seul ses six enfants.

Les invités discrets du Festival

Si le Festival de Cannes honore le cinéma, les candidats aux primaires américaines n’ont pas manqué d’y faire une brève apparition malgré eux. Viggo Mortensen a fait un doublé dans le genre intervention opportuniste, en affichant ouvertement son soutien au candidat Bernie Sanders.

Le comédien a profité du photocall de "Captain Fantastic" présenté à la section Un certain regard, pour dégainer un t-shirt typographié "Bernie for President", comprendre "Bernie, Président 2016". Woody Allen, lui aussi, a fait passer son petit message politique lors de la présentation de son dernier long-métrage "Café Society". "Je ne pense pas qu'il ait la moindre chance de remporter la présidence aux États-Unis" déclarait-il aux micros d’Europe 1 au sujet du candidat Donald Trump. "Je vais voter pour Hillary, je suis un démocrate convaincu (...) Je pense qu'Hillary Clinton va certainement devenir la prochaine présidente des États-Unis. Je pense que c'est une bonne chose pour le pays" poursuivait le réalisateur.

Ce cru 2016 du Festival de Cannes aura donc donné, une fois de plus, du grain à moudre aux amateurs de "french" cancans. Et pour reprendre les propos de notre ancien ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin, "C’est bien ça l’esprit français: l’humour, l’impertinence, parfois la provocation".







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