Les lynx reviennent en Allemagne


Par Rédigé le 03/08/2016 (dernière modification le 02/08/2016)

"Repeuplons les salons du Faubourg Saint-Germain!" chante-t-on dans la "Vie parisienne" d'Offenbach. Samedi 30 juillet 2016, dans une forêt du Palatinat, au sud-ouest de l'Allemagne, on aurait pu entonner différemment le couplet…


Lynx en Allemagne. Photo (c) Aconcagua
En effet, on lâchait dans les fourrés trois lynx de Slovaquie, Luna, Kaja et Lucky. Ceci, dans le cadre d'un projet franco-allemand visant aussi le repeuplement en lynx des Vosges du nord, du côté français de la frontière. Ils avaient parcouru en camion climatisé quelque 1.100 km avant d'arriver dans cette région du Palatinat, à une cinquantaine de km de la frontière française. Cette forêt palatine jouit d'un environnement très favorable à ce grand félin, et d'autres exemplaires seront introduits ces prochaines années, on en prévoit 20 en cinq ans. Nos trois lynx lâchés samedi, deux femelles et un mâle, des orphelins de cinq, trois et un an, avaient été recueillis dans les Carpates slovaques. Ils ont été équipés d'une puce et d'un collier permettant de les localiser et de savoir s'ils franchissent la frontière pour s'installer dans les Vosges du nord. Jochen Krebühl, de la Fondation pour la nature et l'environnement de Rhénanie-Palatinat précise que les Carpates "comptent la seule population de lynx d'Europe qui n'a jamais été éteinte". Et il ajoute que "du point de vue génétique, c'est une très bonne population". Cette fondation est partenaire du Parc naturel régional des Vosges du Nord.

Le lynx a disparu du Palatinat au XIXe siècle. Une réintroduction non officielle dans les années 1990 n'a pas réussi, aucun indice de présence d'un lynx dans la région depuis 2000. Des lâchers de lynx dans les Vosges au cours des années 1980-1990 ont aussi échoué.
La seule population en France se trouve dans le massif du Jura, elle y est arrivée à partir de la Suisse. Christelle Scheid, chargée de l'information côté français indique que pour le projet de réintroduction dans le Palatinat, "un travail extraordinaire a été fait avec les chasseurs côté allemand, qui soutiennent officiellement le projet". Il en va tout autrement avec les chasseurs français dont l'hostilité est souvent citée parmi les causes de l'échec de la réintroduction dans les Vosges. Rappelons que ce grand prédateur qui joue un rôle essentiel pour la régulation et la sélection des espèces, a une progression démographique très lente, à la différence du loup, ce qui ne favorise pas les projets de réintroduction.






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