POINT DE VUE - Les clés du capitalisme humain avec la Baraka


Par Rédigé le 11/08/2010 (dernière modification le 11/08/2010)

Pour sauver et améliorer le capitalisme, un travail de 2 300 pages vient d’être promulgué par le Congrès des Etats-Unis d’Amérique. Le dogmatisme autour du tout marché et moins d’Etat possible aura fait son temps. Une lecture africaine de ce tournant de la géopolitique et de l’économie à travers nos savants s’impose à nous.


Des porte-clés comme pour dire que c'est Obama qui aurait des clés au nouvel humanisme. Photo (c) IS
Partout, il est question de la valorisation des ressources humaines. Si après ces indépendances, nous voulons émerger, cette haute politique doit pouvoir accélérer l’amélioration (pour ne pas dire le développement) de nos pays sortis depuis de l’histoire contemporaine. Il faut jouer sur les liens qui libèrent (LLL). C’est pour cela que "Le triomphe de la cupidité" du Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz a été publié chez LLL. Avec un peu de baraka (énergie du dieu Ra), nos contributions aurons été plus déterminantes. Si la recherche de salut en nous-mêmes n’était pas un slogan ! La cupidité et son triomphe sont parmi les tares sécrétées par le capitalisme occidental (en réalité aucune idéologie n’est par essence étrangère à l’Afrique). Donc de l’intérieur, Cheikh Anta Diop et Joseph KI-Zerbo auront rendu noble l’anticipation par la qualité pratique de leurs travaux. Pour la construction de l’Etat fédéral d’Afrique noire, dans ses fondements, il fallait trouver 14 points essentiels comme principe de base d’une action concrète. "Prendre dans la Constitution les dispositions nécessaires pour qu’il ne puisse pas exister une bourgeoisie industrielle. Prouver ainsi qu’on est réellement socialiste en prévenant l’un des maux fondamentaux du capitalisme. Qui pourrait, aujourd’hui, s’opposer décemment à une mesure préventive contre une classe encore inexistante en Afrique ?" C’est le 7e point des Conclusions pratiques de Cheikh Anta Diop dans "Les fondements d’un Etat fédéral d’Afrique noire", revues et corrigées en 1974, à la page 121.

Au cours de son histoire, le capitalisme a produit beaucoup d’inventions et propulsé les peuples vers plus de réalisations. Mais, insiste Joseph KI-Zerbo en 2003, dans le même temps, il a toujours produit la pauvreté. Maintenant, précise-t-il on tombe dans une autre pensée unique qui estime que le libéralisme total - pas la liberté ! - doit libérer toutes les énergies positives. Comme si la fameuse "main invisible" existait ! Rien que ce terme est contradictoire, puisque la démarche du libéralisme prétend être fondée sur la rationalité la plus pure. Si notre sort est lié à la main invisible, comment peut-on dire que c’est rationnel ? Au contraire, c’est l’adieu à la raison, l’adieu à la rationalité ! Le libéralisme devient une religion parce que, justement, il n’est plus fondé sur les choses rationnelles, et les résultats positifs ne sont pas au rendez-vous. Si la main est invisible, le pied qui piétine les droits des plus faibles ne l’est pas.

"En ce qui me concerne, je dirai qu’on est parvenu à un grand moment de l’histoire humaine. Quand la mondialisation aura échoué – et elle est sur la voie de l’échec parce qu’elle produit non seulement la pauvreté mais la paupérisation -, le temps sera arrivé pour des options stratégiques correctes pour l’humanité dans son ensemble. Quand il sera prouvé que le capitalisme non plus n’a pas de réponse déterminante, décisive, définitive à donner pour une histoire humaine correcte, peut-être que les conditions seront réunies pour découvrir enfin une solution spécifique : pour planter un nouveau décor, inventer un nouveau scénario et dresser un nouveau casting pour une nouvelle pièce plus digne de l’être humain", dit-il, dans "A quand l’Afrique" ? (p. 19). Renchérissons : A quand l’Afrique encore?

Ce sont ces mesures-là que Barack Obama est en train de prendre, concrètement, dans le mois de juillet 2010. Il avait bien lu Cheikh Anta Diop et Joseph KI-Zerbo pour cette "solution spécifique". De l’Europe aux Etats-Unis d’Amérique, la centralité de l’Etat ne se discute même plus. Maintenant, c’est la qualité des hommes et des femmes (Madoff aura été l'exemple de la cupidité la plus achevée de toute l’histoire). "Créer une puissante industrie d’Etat. Donner le primat à l’industrialisation, au développement et à la mécanisation de l’agriculture", aura insisté Diop. Tout cela est impossible avec l’Etat nain importé pour parodier Bertrand Badié faisant le procès de l’occidentalisation de nos institutions à cause du refus de prendre en compte nos esprits merveilleux.






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