Paul Kagame boudé par le président Zapatero


Par Ilunga Tchoma Kitenge Rédigé le 21/07/2010 (dernière modification le 21/07/2010)

Le président espagnol, José Luis Zapatero a renoncé à rencontrer le président rwandais, le général Paul Kagame ce vendredi 16 juillet, dans le cadre du sommet sur les Objectifs du Millénaire qui se tenait à Madrid, Espagne. Le président Zapatero devait rencontrer le général Paul Kagame en présence de Ban Ki-Moon, le Secrétaire Général des Nations-Unies. Mais c'est Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères qui s’est rendu au sommet, déplacé à l’hotel madrilène pour la circonstance, par le gouvernement qui n’a pas voulu que l’événement soit tenu comme initialement prévu, dans un bâtiment gouvernemental.


Paul Kagame, président de la République du Rwanda (Wikipedia commons - R. D. Ward)
Le refus de rencontrer l’homme fort de Kigali par le président Zapatero était dû aux pressions multiples exercées par plusieurs ONG et partis politiques espagnols. Ils accusent le général Paul Kagame d’être un génocidaire et aussi ils lui reprochent d’avoir installé au Rwanda, un régime de terreur depuis 1994. La coordination des ONG espagnoles pour le développement, en sigle Congde, qui a coordonné la protestation, dénonce également «le choix questionnable» du Secrétaire Général de l’ONU sur la personne du général Paul Kagame et condamne aussi l’acceptation de Zapatero de présider ce sommet, aux côtés d’un «présumé génocidaire».

Environ quarante militaires du régime tutsi sont poursuivis par le juge anti-terroriste espagnol, Fernando Andreu, pour génocide, organisation des massacres ethniques et assassinat de neufs missionnaires et coopérants espagnols dans les années quatre-vingt-dix. Les mandats émis en 2008 par la justice espagnole, ne visent pas le général Paul Kagame, étant donné son statut de président de la République.

A titre de rappel, 9 caciques du régime autoritaire de Kigali, sont également sur le coup des mandats d’arrêt du juge français Jean-Louis Bruguière, mandats émis en 2006. La justice française reproche à Paul Kagame et à ses proches d’avoir assassiné l’ancien président rwandais, Juvénal Habiarimana en avril 1994.

La semaine dernière, le corps du vice-président du parti vert, André Kagwa Rwisereka, a été retrouvé sans vie, décapité ; dans les marécages de Butare. Frank Habineza, le président du parti vert, qui a annoncé ce décès, s’est dit terrifié et exige une enquête indépendante. Des journalistes sont assassinés tel Jean-Léonard Rugambage, tué à bout portant, le 24 juin, devant sa parcelle, pour avoir publié dans son journal, un article accusant Paul Kagame d’avoir ordonné la tentative d’assassinat d’un ancien dignitaire tutsi, le général Faustin Kayumba Nyamuasa, en Afrique du Sud où il est exilé, qui a suscité beaucoup de réactions, incluse celle des Reporters Sans Frontières. Les Nations-Unies, via son Secrétaire Général Ban Ki-Moon, a demandé une investigation complète sur les violences et assassinats dont sont victimes, politiciens et journalistes ces derniers temps au Rwanda.

Des avocats ne sont pas en reste. Peter Erlinder, avocat américain, en a fait l’expérience. Il a été arrêté alors qu’il était au Rwanda pour défendre Victoire Ingabire, cette opposante venue de Hollande et candidate déclarée aux présidentielles de 2010. Elle a été accusée par Kigali, de négationnisme et de comploter contre l’Etat. Le 13 juillet à 22 h 30, Jwani Mwaikusa, 58 ans, éminent professeur de droit à l’université de Dar- es-Salaam et avocat près le Tribunal Pénal International pour le Rwanda basé à Arusha, en Tanzanie, qui défendait Yusuf Munyakazi, un Hutu accusé de génocide, a été assassiné devant sa résidence, selon l’association des avocats de défense près le TPIR. Le tribunal a ouvert une enquête.






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