Paul Le Guen pourra t-il regagner la confiance du peuple camerounais ?


Par Philippe Totto Rédigé le 12/02/2010 (dernière modification le 12/02/2010)

Après la débâcle des Lions à la 27e Coupe d’Afrique des Nations et sa dernière conférence de presse à Yaoundé, celui qu’on avait jadis affublé, dans les rues de la capitale économique, du sobriquet « le messie » est aujourd’hui fustigé par les médias qui réclament la rupture de son contrat.


Photo (c) PSGMAG / Source: wikipedia
Aujourd’hui loin des gradins de la 27e Coupe d’Afrique des Nations en Angola, Paul Le Guen reste l’une des personnalités les plus médiatisées du pays. La sortie avortée de l’équipe de football camerounaise en Angola laisse à réfléchir sur les procédés managériaux du sélectionneur camerounais. La presse locale quant à elle ne s’est pas faite prier et justifie sans difficultés le manque d’objectivité du Breton à la tête des Lions indomptables. A la une sur le site du journal Le Messager du 1er février 2010 nous pouvons voir : « Les fautes lourdes de Le Guen resteront-elles sans conséquences ? », Charles Mongue-Mouyeme auteur de cet article explique dans un ton patriotique que pour le Cameroun, il serait mieux de résilier le contrat de Le Guen qui selon lui serait un « Pierre de Coubertin » à la tête de la sélection camerounaise avec pour seul objectif de faire participer les valeureux Lions indomptables aux différentes compétitions, mais pas de les faire gagner comme stipule le contrat qui le lie avec le ministère des Sports et de l’Education physique.

« L’équipe nationale de football n’est-elle pas une image parfaite du gouvernement camerounais ? »

Pour nombre de fans des Lions indomptables et observateurs politiques, la sortie prématurée de la 27e Coupe d’Afrique des Nations, est le fait de Paul Le Guen, qui a négligé la CAN en faisant d’elle un « laboratoire » pour la coupe du monde prochaine en Afrique du Sud et dont les propos discourtois ont crevé l’écran lors de sa dernière conférence de presse à Yaoundé.
Pendant le grand tournoi continental, nous avons vu une équipe camerounaise retournée contre elle-même : des défenseurs qui marquaient pour le compte de l’adversaire et un Kameni « passoire ». Chacun de nos buts encaissés est l’œuvre, selon Le Guen de nos titulaires de l’équipe qui n’étaient pas encore totalement rentrés dans la compétition.
Que ce soit l’œuvre de Paul Le Guen (jeune entraineur, première fois à la tête d’une sélection nationale) ou l’œuvre des joueurs camerounais, la question sous-jacente dans le débat sur la piètre prestation des Lions indomptables du Cameroun est : « L’équipe nationale de football n’est-elle pas une image parfaite du gouvernement camerounais ? ». A cette question, les uns comme les autres sont tentés de répondre par l’affirmative. Un pasteur d’une église dite « réveillée », le visage consterné et l’esprit troublé, répondait à cette question dans une allocution qu’il laissait entendre à qui voulait lui prêter un peu l’oreille : « C’est désolant de vivre dans un tel pays, certainement, Dieu nous a donné la paix, parce que le Cameroun n’est en conflit avec aucun Etat, les relations extérieures semblent êtres bien entretenues ; mais à l’intérieur et particulièrement dans notre gouvernement, c’est la guerre. La course au pillage de fonds publics en est un exemple parmi plusieurs. On retrouve à tous les niveaux des responsables qui détournent les fonds et d’autres qui sont en proie à la corruption empêchant ainsi la machine Cameroun de se relever. De même, en Coupe d’Afrique des Nations, aucun pays ne nous a gagnés, c’est nous-mêmes qui marquions dans nos propres goals ; avec un coach inexpérimenté et sans tactique, qui faisait des remplacements hasardeux tout comme ces multiples remaniements ministériels improductifs.» Ces propos nous mettent face à un triple problème. Premièrement, que le Cameroun dans l’ensemble serait dirigé par des personnes insoucieuses du devenir de la nation au détriment de leurs intérêts personnels et familiaux. Ceci se remarque à tous les niveaux jusqu’à la plus basse échelle avec le vol (il y a seulement quelques jours) sur le pont du Wouri des poteaux électriques qui assuraient l’éclairage de celui-ci. Deuxièmement, il serait possible, à bien lire les propos de ce pasteur que le Cameroun serait en proie à une tension interne dirigée probablement par la famine (qui se récent beaucoup sur le panier de la ménagère), le chômage grandissant et la corruption rémanente. Enfin, tout laisse, ici, à croire que, comme Le Guen, « l’homme lion » y serait pour beaucoup dans ce désordre.
Au-delà des spéculations des uns et des autres, l’allocution de Paul Le Guen lors de sa dernière conférence de presse montre bien un manque de conviction de sa part.

Mode de conduite indicative pour la préparation du mondial 2010

Les Lions indomptables sont le porte flambeau du sport camerounais, leurs victoires véhiculent un sentiment de fierté et de joie. Qui dit fierté et joie dit paix ; pour cela, Paul Le Guen doit apprendre à rêver et à pousser toute l’équipe au même rêve (comme le ferait tout bon manager) celui de remporter le trophée de la coupe du monde. Car il faut mettre la barre très haute pour avoir de bons résultats. Pour la circonstance, ce Breton à la tête des Lions doit oublier ses origines européennes et militer entièrement pour la cause camerounaise et avoir même en tête de battre l’équipe de France si l’occasion se présentait.
Comme l’avait si bien déclaré Monsieur Eboua Elame au microphone de Stephen Sunou après la défaite des Lions face à l’équipe nationale du Gabon lors de la CAN, Paul Le Guen ne doit pas mettre en marge les rites camerounais qui veulent que les Lions livrent un match d’exhibition à Yaoundé avant de s’envoler pour le pays organisateur. Paul Le Guen doit savoir que si quatre jours ont été insuffisants pour une préparation de CAN, deux semaines ne suffiront pas pour le mondial.
Les matchs amicaux, à l’instar du Cameroun-Italie en vue, doivent être disputés contre des équipes à la hauteur du mondial (deux ou trois matchs minimums). Eviter de jouer les matchs amicaux contre les équipes de la même poule que le Cameroun.
Mettre sur pied plusieurs stratégies de jeu, pouvoir dire non à Samuel Eto’o dont on ne connaît pas le positionnement au stade et au mieux demander conseil à Pierre Le Chantre, Claude Le Roi ou à Valerie Nepomniachi.





Autres articles dans la même rubrique ou dossier: