Premier forum pour une révolution verte : les Africains au chevet de leur agriculture


Par Rédigé le 31/08/2010 (dernière modification le 04/09/2010)

Après plusieurs décennies de politiques agricoles, l’agriculture en Afrique peine encore à trouver la voie de son développement. Persuadés de la possibilité de renverser la tendance, les acteurs du secteur à l’échelon continental se retrouvent à Accra, au Ghana dans le cadre d’un forum. Ainsi, du 2 au 4 septembre 2010, il sera procédé à un diagnostic sans complaisance de l’état du monde agricole. Des travaux, devraient sortir des décisions fortes émanant d’une volonté politique sans faille de la part des gouvernements du continent.


Organisé par John Mills, Président du Ghana et co-présidé par Koffi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, ce forum, le premier du genre en terre africaine, vise à impulser les investissements et la coopération en vue d’encourager les acteurs à développer l’agriculture. Partie prenante, le Fonds des Nations unies pour le développement agricole (FIDA) compte porter le plaidoyer d’une agriculture africaine reposant sur le triple socle du partenariat, de la concertation et de l’accès à la technologie.
Selon son Président, Kanayo Nwanze, les Africains ont besoin "de plus de partenaires au sein des gouvernements qui soutiennent l’égalité des chances pour tous leurs citoyens". Et d’ajouter : "Les révolutions agricoles durables sont provoquées par des révolutions politiques, dans lesquelles les gouvernements jouent un rôle de premier plan".
Cette rencontre continentale qui regroupera chefs d’Etats et de gouvernements africains, secteur privé local, organisations agricoles, entreprises et experts mondiaux devrait aboutir à la mise en branle de ce qu’il est convenu d’appeler "la révolution verte". Si le défi est grand, la volonté de le relever est sans équivoque. En témoigne les propos du Président du FIDA qui semblent avoir bien perçu les enjeux. "Les engagements et le consensus sont entrain de grandir et nos efforts concertés n’ont jamais été aussi cruciaux pour parvenir à cette révolution agricole" a-t-il indiqué. Et de poursuivre : "C’est une fenêtre d’opportunités pour faire les choses bien, tant pour l’Afrique que pour le reste du monde".

Les effets pervers d’une agriculture mal en point !

En Afrique plus de 70% des pauvres vivent dans le monde rural (photo E. B. Mbengue)
En Afrique plus de 70% des pauvres vivent dans le monde rural et dépendent fortement de l’agriculture pour leur alimentation et moyens de subsistance. Hélas, les agriculteurs n’ont pas toujours les intrants nécessaires pour en tirer le meilleur profit. Ce qui les rend plus vulnérable à la pauvreté.
Cette situation plus qu’alarmante avait poussé en 2004 Peter Vandor de la FAO à prévenir "l’Afrique est menacée par un grave problème de sécurité alimentaire du fait d’une crise agricole". Selon lui, les Africains devenus incapables de produire étaient contraints de compter sur de considérables quantités d’aides alimentaires.
Rien que pour l’année 2000, l’Afrique en a reçu 2.8 millions de tonnes. Ce qui représentait le tiers de ce qui a été fourni cette année là au niveau de la planète. Cependant les initiatives n’ont pas manqué dans le continent. Lors du sommet de l’Union africaine en 2003 à Maputo, les chefs d’Etats avaient signé une déclaration et exhorté les Etats membres à veiller à ce que dans un délai de cinq ans, 10% au moins de leur budget soit consacré à l’agriculture. Aussi, la récente crise économique, née de l’effondrement des subprimes, avait déterminé les pays africains à trouver un plan d’urgence agricole pour en atténuer les effets. Seulement voilà ! L’Agriculture en Afrique semble vouer à une stagnation à défaut de pouvoir réaliser un bond qualitatif.

Les raisons d’une agriculture africaine plombée

Parmi les facteurs avancés pour justifier le retard de l’agriculture en Afrique, figurent le manque de semences de qualité, l’absence de formation des paysans-agriculteurs, la diversification de produits agricoles, le sous-équipements et l’insuffisante d’une technologie avancée pour obtenir des rendements plus importants. Si les conditions d’une bonne production ne sont pas toujours réunies, la transformation et la commercialisation constituent aussi d’autres sources de préoccupation.
Au-delà de ces problèmes inhérents à l’activité aratoire, il y a aussi le manque de volonté politique des gouvernements.
C’est pour cela que ce forum de Accra devrait jeter les bases d’une véritable rupture en termes d’accès aux marchés, de développement des terres cultivables et d’amélioration des infrastructures. Sera-t-il aussi, le lieu d’un véritable plaidoyer pour le transfert de technologies et leur utilisation par les communautés rurales?

A la veille de cette rencontre de tous les espoirs, les Africains doivent plus que jamais se convaincre de la nécessité de progresser sur la voie d’un consensus fort. Le salut du projet de «révolution verte» est à ce prix.





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