RDC: Des dizaines de milliers de personnes fuient

Communication de notre partenaire


Par J.N.B.L. Rédigé le 23/11/2012 (dernière modification le 22/11/2012)

Des dizaines de milliers de civils, dont beaucoup avaient été déplacés une première fois, ont déjà fui les combats. Du point de vue humanitaire et en matière de sécurité, la situation s’est dégradée de manière spectaculaire depuis que les affrontements entre le M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC, l’armée congolaise) ont repris, le 15 novembre, à une trentaine de kilomètres au nord de Goma.


"L’avancée des combats vers les portes de Goma met des milliers d’autres civils en danger. Toutes les parties au conflit doivent protéger les civils contre les attaques et respecter le droit international humanitaire, d’autant plus quand les hostilités se rapprochent de zones densément peuplées", a déploré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

Depuis la création du M23, en avril 2012, Amnesty International a recensé de nombreuses atteintes aux droits humains imputées à ses membres, en particulier des homicides illégaux, le recrutement forcé d’enfants et de jeunes adultes ou encore des viols. Les récents affrontements mettent un terme à une trêve de facto de trois mois entre l’armée nationale et le M23, qui contrôle la majeure partie du Rutshuru, un territoire du Nord-Kivu. Bien que les FARDC soient soutenues par les hélicoptères d’attaque de la MONUSCO, la mission de paix des Nations unies pour la RDC, le 17 novembre, le M23 s’est emparé de la ville de Kibumba, à 30 kilomètres au nord de Goma. Le groupe armé soutenu par le Rwanda a continué d’avancer vers la capitale régionale.

La peur de se retrouver pris entre des tirs croisés a forcé quelque 70.000 personnes déplacées à l’intérieur du pays qui vivaient dans le camp de Kanyaruchinya, à 10 kilomètres de Goma, à fuir de nouveau. Le M23 renforcerait actuellement ses positions aux alentours de Munigi, tout près de Goma. La majorité des personnes déplacées qui ont quitté Kanyaruchinya ont désormais traversé Goma pour rejoindre le camp de Mugunga, où vivent déjà d’autres personnes déplacées et où la situation humanitaire est critique.
D’après une déclaration des Nations unies, le M23 serait désormais bien équipé d’armes lourdes, notamment de mortiers de 120 mm. De telles armes peuvent avoir des effets non discriminants lorsqu’elles sont utilisées dans des zones densément peuplées. Les équipements et installations militaires des FARDC se trouvent dans le centre de Goma, très peuplé, ce qui fait courir un risque accru à la population civile.
La MONUSCO dispose d’un mandat solide pour veiller à la protection des civils, y compris les travailleurs humanitaires, en cas de menace de violence physique imminente.
"La communauté internationale doit également prendre des mesures pour mettre un terme aux violations de l’embargo des Nations unies sur les armes et empêcher l’approvisionnement en armement des groupes armés qui agissent dans l’est de la République démocratique du Congo."

En juillet 2012, Amnesty International a rassemblé des informations indiquant que le M23 comptait dans ses rangs des recrues rwandaises et utilisait des armes fournies par ce pays. L’organisation a également recensé un très grand nombre de violations du droit international humanitaire et d’atteintes aux droits humains commises par le groupe armé, y compris le recrutement forcé d’enfants. Le groupe d’experts des Nations unies sur la RDC a également accusé l’Ouganda de soutenir le M23. Bien que le Rwanda et l’Ouganda aient tous deux enfreint l’embargo de l’ONU sur les armes, le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas encore pris de mesure concrète pour faire pression sur ces deux pays afin qu’ils cessent de soutenir ce groupe armé. Le Rwanda et l’Ouganda ont tous deux nié publiquement apporter un soutien au M23.

RDC.mp3  (513.59 Ko)






Autres articles dans la même rubrique ou dossier: