(RE)DECOUVERTE D'UN MYTHE


Par Colette Dehalle Rédigé le 24/04/2009 (dernière modification le 24/04/2009)

C'est à cela que nous convie l'Opéra de Nice pour son dernier spectacle dans ses murs. Le prochain et dernier de la saison, Aïda, ayant lieu en juin au Palais Nikaïa. Le personnage d'Orphée, ce héros de la mythologie grecque, fils du roi de Thrace Œagre et de Calliope, muse de la poésie épique, en est l'objet. La nouvelle production de Opéra de Nice et de la Villa Arson nous offre en effet Orphée et Eurydice de Christoph Willibald Gluck, sur un livret de Pierre-Louis Moline d'après celui de Ranieri de' Calzabigi. Ce drame héroïque en 3 actes fut créé à Paris, à l'Académie Royale de Musique, salle des Tuileries,le 2 août 1774.


Orphée charme la nature
Le personnage a inspiré les écrivains, les philosophes et les compositeurs de nombreux pays. Des dizaines d'opéras lui ont été consacrés, la plupart sérieux, d'autres plus légers, tel l'opéra-bouffe de Jacques Offenbach Orphée aux Enfers en 1874 ou Les Malheurs d'Orphée, l'opéra-minute de Darius Milhaud en 1927. Le cinéma n'est pas en reste, il suffira de rappeler le film le plus célèbre, Orfeu Negro de Marcel Camus en 1959, Palme d'Or du Festival de Cannes la même année. La légende était transposée dans les favelas de Rio de Janeiro pendant le carnaval.

Orphée savait charmer les animaux sauvages avec les accents de sa lyre. Le jour de son mariage avec Eurydice, celle-ci est mordue par un serpent et meurt. Orphée descend au royaume des Enfers pour la retrouver. Les sons de sa lyre triomphent de Cerbère, le terrible gardien des lieux, ils fléchissent aussi Hadès et on le laissa repartir avec sa bien-aimée à la seule condition qu'elle le suivrait et que lui ne se retournerait ni ne lui parlerait tant qu'ils ne seraient pas revenus sur terre. Au moment de sortir des Enfers, Orphée se retourne vers Eurydice et la perd définitivement. Il est inconsolable et finit tragiquement déchiqueté par les Bacchantes.

Cette histoire n'avait pas laissé indifférent Ranieri Simone Francesco Maria de Calzabigi, dit Ranieri de’ Calzabigi. Né à Livourne le 23 décembre 1714, il mène une vie plutôt aventureuse, parfois en compagnie de Casanova et avait dû quitter la France. Il se retrouve à Vienne en 1761 où il occupe diverses charges. Il y fait la connaissance de Christoph Willibald Gluck pour lequel il écrit les livrets les plus importants des oeuvres du compositeur, Orfeo ed Euridice, Alceste et Paride ed Elena. Suite à de nouveaux scandales, Calzabigi doit quitter la ville sur ordre de l'Impératrice Marie-Thérèse et se fixe en Italie où il poursuit sa carrière littéraire. II meurt à Naples en juillet 1795.

Bien plus sage bien que non dépourvue de soubresauts, semble l'existence de Christoph Willibald, Ritter von Gluck. Né à Erasbach en Bavière, le 4 juillet 1714, il commence des études de philosophie à Prague avant de se consacrer à la musique. En 1734, il part pour Vienne, entre au service du Prince Lobkowitz en 1736 puis se rend à Milan où il étudie avec Giovanni Battista Sammartini. Son premier opéra Artaserse sur un livret de Métastase, est joué à Milan le 26 décembre 1741. En 1745, il part pour Londres, fait la connaissance de Haendel et revient à Vienne. En 1762, il compose l'opéra Orfeo ed Euridice créé le 5 octobre 1762 au Burgtheater, l'oeuvre marque un changement dans l'opéra. Sa collaboration avec Calzabigi se poursuivra pour Alceste en 1767 et Paride ed Elena en 1770. Gluck est est aussi le professeur de clavecin de l’archiduchesse Marie-Antoinette, future reine de France. Elle lui assurera sa protection lorsqu’il sera à Paris en 1774 où il donne Iphigénie en Aulide qui remporte un grand succès. C'est cette même année qu'est proposée la version française d'Orfeo ed Euridice, rédigée par Pierre Louis Moline, devenue Orphée et Eurydice. Naît alors et pour cinq ans, la querelle entre les défenseurs de Gluck et ceux de la musique italienne, parmi lesquels Marmontel ou d'Alembert, leur héros était le compositeur Niccolò Vito Piccinni. Le succès d'Iphigénie en Tauride représentée à l'Académie Royale de Musique le 18 mai 1779, y mit fin. Cependant, après l'échec cuisant d'Echo et Narcisse le 24 septembre 1779, Gluck quitte Paris et revient à Vienne où il meurt le 15 novembre 1787.
C'est donc avec beaucoup d'intérêt et de curiosité qu'on attend cette production de l'Opéra de Nice sous la direction du jeune Benjamin Pionnier et avec les talents confirmé des trois cantatrices Marie Ange Todorovitch, Brigitte Hool et Sophie Haudebourg.

Orphée et Eurydice :

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scène et chorégraphie : Ralf Rossa
Scénographie et éclairages : Matthias Hönig
Costumes : Wiebke Horn

Orphée : Marie Ange Todorovitch
Eurydice : Brigitte Hool
Amour : Sophie Haudebourg

Orchestre Philharmonique de Nice
Chœur et Ballet de l’Opéra de Nice

Représentations :
Vendredi 24 avril à 20h
Dimanche 26 avril à 14h30
Mardi 28 avril à 20h
Jeudi 30 avril à20h

Opéra de Nice
4-6 rue Saint-François-de-Paule
06364 Nice cedex 4
Tél : 04 92 17 40 79
opera.billetterie@ville-nice.fr





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