Roumanie : Un musée "des horreurs du communisme" ouvrira prochainement à Bucarest


Par Rédigé le 04/09/2019 (dernière modification le 30/07/2019)

Le 25 juillet 2019, le président roumain Klaus Iohannis a promulgué une loi qui prévoit la création d’un musée qui témoignera des abus subis par la population pendant les années de la dictature communiste (1945-1989). La loi avait été approuvée par le parlement quelques jours auparavant.


Le Palais du Parlement à Bucarest. Image du domaine publique - pixabay

Musée du communisme à Bucarest.MP3  (755.29 Ko)

Le musée devrait avoir le siège dans l’actuel Palais du Parlement à Bucarest, l’ancienne "Maison du Peuple" de Nicolae Ceausescu. Conformément à la nouvelle loi, le patrimoine du musée sera constitué de collections de pièces et de documents réalisés en collaboration avec l'Institut pour l'étude des crimes du communisme, ainsi que de concert avec d'autres institutions publiques, à partir de pièces provenant de transferts, dons ou acquisitions. L’activité du musée sera financée par des subventions du budget de l’État, par l’intermédiaire du ministère de la Culture, et par les revenus propres d’activités spécifiques, de dons et de parrainages. La date d’ouverture n’est pourtant pas certaine. Le ministère roumain de la Culture dispose de 4 mois pour rédiger un projet d’ordonnance gouvernementale qui doit être approuvé par l’exécutif pour être ensuite publié dans le journal législatif officiel du pays.

Le projet du musée semble enfin proche d’aboutir après 7 ans de tergiversations des commissions parlementaires. Une proposition législative dans ce sens avait déjà été approuvée par le Sénat en 2012 mais elle ne s’est jamais concrétisée, faute de moyens, d’après certains, ou à cause des déficiences législatives et institutionnelles, selon d’autres.

Pourtant, la création d’un musée "des horreurs du communisme" en Roumanie répondrait à un devoir de mémoire envers la population et l’histoire, sur le modèle des musées et monuments de l’Holocauste. Pendant les 45 ans de dictature communiste, les Roumains ont subi en masse des assassinats, exécutions, tortures, expropriations forcées, intimidations, harcèlements et violations de leurs droits fondamentaux. Même si – ou justement parce que - certains disent regretter cette période et d’autres disculpent la doctrine communiste, en accusant juste sa mauvaise application, un musée qui témoigne de la terreur de cette époque servira d’avertissement aux générations futures. Et il servira peut-être aussi à nous aider à mieux réfléchir sur le destin que toute idéologie extrême pourrait nous réserver…






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