TRIBUNE: Syrie... ou s'il ne rit pas...

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Par François de Martino Rédigé le 05/04/2012 (dernière modification le 04/04/2012)

Toujours entrainé par la désinformation continuelle, pour ne pas dire perpétuelle de nos médias à la solde des faquins au pouvoir, je suis, ou plutôt, je me sens obligé de vous donner un éclairage particulier de ce qui se passe en Syrie. Surtout n’oubliez pas d’éteindre l'ordinateur après son utilisation, l’électricité coûte cher selon les gens qui en fixent les prix, étrange non? Pour le Mali mélo du Sahel, il va en être de même très bientôt, la croisade se prépare activement...


Illustration proposée par l'auteur
Quand on diffuse, sur tous les médias occidentaux des pseudo informations concernant la Syrie, celles-ci proviennent exclusivement des forces opposées à Bachar El Assad. Eh oui, on ne va quand même pas vous donner les avis inverses à la politique occidentale, ce serait se tirer une balle dans le pied. Alors, comment peut-on juger équitablement d’une situation dont on ne connait que le son de la cloche fendue, comme la Liberty Bell, du courant "anti" sans avoir la moindre idée des propos tenus par les pros?
Comme en Libye, les révolutionnaires sont minoritaires en Syrie, ils ne représentent que les soudards de l’Arabie Saoudite, du Qatar et des pays du Golfe alliés de l’occident chrétien. Il est vrai que les sunnites sont immensément majoritaires (70 % de la population musulmane), que le fils Assad comme son père avant lui ne se sont pas privés d’exactions à l’encontre de leurs opposants, que la démocratie est un mot vide de sens dans ce pays comme dans tant d’autres, etc. Mais...
Comme en Tunisie, en Égypte, en Libye, les majorités silencieuses se contentaient de travailler et de gagner leur pain sans envisager aucunement de disserter sur la démocratie en question, sans imaginer une quelconque liberté toute relative comme celle de notre belle France. Le fait de l’engagement de la minorité révolutionnaire, soit disant avide de droits nouveaux, aux côtés de ses alliés, grands démocrates s’il en est, comme les USA, l’Europe et les pays du Golfe, a permis de créer une caisse de résonance à un mouvement qui aurait été mort-né sans celle-ci.

Prenons maintenant juste l’exemple de la Syrie qui tient la vedette depuis quelques temps et qui promet de la garder encore un peu. Les alaouites sont minoritaires et ont tous les pouvoirs, économiques, politiques, répressifs et j’en passe. Cette autorité sans partage sert à plusieurs fins, d’abord celle de se remplir les poches à titre personnel pour toute la clique qui tient les rênes, la deuxième étant de faire un minimum d’efforts pour développer le pays qui, sans ce développement souhaité, ne pourrait continuer à grossir la fortune des corrompus. Ceci veut dire que malgré une corruption galopante et omniprésente le pays se développait tant bien que mal. A voir le programme politique des nouveaux élus de l’Égypte, le développement non seulement va cesser complètement mais c’est une diminution des droits des citoyens qui est l’objectif visé par le parlement fraichement nommé par un peuple manipulé puisque ne sachant pas lire ni écrire à plus de 40 %. C’est aussi vrai en Libye. Les sunnites syriens veulent le pouvoir, voilà le vrai problème en Syrie. C’est le souhait des pays du Golfe et donc de tous puisqu’ils sont encore pour quelques décennies les principaux pourvoyeurs en pétrole. A quelles fins œuvrent-ils est un autre débat mais le principal est de récupérer le pouvoir.
Les sunnites syriens vivaient dans la crainte mais vivaient et profitaient de ce développement minimal. Les chrétiens syriens, alliés de la famille dirigeante pour garder une protection relative mise en place par le papa de Bachar, vivaient aussi et travaillaient aussi à leur propre développement. La réalité est que dans les rues de Homs comme dans toutes les cités mises à mal par cette guerre civile larvée, il s’agit d’une guerre de religion entre diverses factions musulmanes d’obédiences différentes. On voit tous les jours les "révolutionnaires" faire et commettre les mêmes exactions, déjà bien connues par le pouvoir en place, et parfois pires si c’est possible.
Entre chiites, sunnites, alaouites et plus si affinité, se déroulent une lutte pour le pouvoir sous couvert de religion. Les chrétiens, qui sont les seuls à ne pas être armés, n’ayant pas leur mot à dire et étant plus ou moins protégés par toutes les communautés musulmanes tant qu’ils restent désarmés et témoins, victimes silencieuses, de leurs manigances.

Les révolutionnaires bombardent aussi et dans tous les sens, coupent les rues et instituent des barrages où il est demandé aux personnes voulant circuler leur religion, s’ils sont chrétiens et qu’ils peuvent le prouver, souvent en récitant le « Notre Père », ils sont autorisés à passer et à survivre un peu plus. Si par malheur vous annoncez que vous êtes d’une faction religieuse différente du groupe qui vous arrête... vous êtes massacrés sur place... ou pire... enlevés et questionnés sous torture. Entendons-nous cela à la télé ou à la radio ? Non, bien sur. Les révolutionnaires sont des anges qui subissent tous les affres de leur volonté démocratique bafouée par le vilain Assad, les pauvres. Alors nous aurons bientôt un nouveau front sur lequel les américains et les européens vont aller vendre armes et munitions, aidés en cela par les Saoudiens et leurs voisins du Golfe. Cela a d’ailleurs déjà commencer depuis des mois.

Résultat probable

Quand on voit qu’en Irak on massacre des jeunes parce qu’ils s’habillent de façon outrancière, en punk, qu’on tue des centaines d’homosexuels après les avoir montrés du doigt dans leurs quartiers et les avoir livrés à la vindicte populaire sous de fallacieux prétextes. Quand on voit la Libye livrée à des brigands et des familles ou des tribus qui veulent s’enrichir sous le contrôle de la charia et de leurs armes livrées par nous. Quand on voit l’Égypte où les discussions du parlement tournent autour du voile et du respect de la religion alors que le pays vit dans une insécurité inégalée à ce jour et où l’économie est moribonde et promet d’aller de mal en pis. Est-il bon de se mêler des affaires syriennes juste pour vendre des armes?
Seule la Tunisie semble avoir passé le cap mais rien n’est acquis définitivement.
Le point commun de toutes ces mésaventures politico-affairistes est que ceux qui meurent, soit par idéal, soit par accident, soit par manipulation, sont toujours les mêmes, le peuple, le petit peuple, celui qui n’a rien à dire et qui croit se battre pour la meilleure des causes.

Quand le clown Juppé crie au désastre islamiste, méfiez-vous, il doit avoir un stock d’armes à vendre. Nous avons détruit tout ce que nous avons touché, l’Afrique, le Moyen Orient, le Maghreb et maintenant nous sommes étonnés que ces gens se rebiffent et veulent leur part du gâteau. Le Mali en est la preuve évidente et ce n’est pas fini.

Conclusion: il n’est pas de cause humaine qui mérite la mort d’un seul homme.

Que les hommes se mettent à chanter "Le déserteur" de Boris Vian et qu’ils envoient leurs marionnettes au service des gros sous et des banquiers paître sous d’autres cieux.
J’ai dit.





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