Tunisie : Arrivée d'une équipe d'experts aux droits de l'homme


Par Islem Salmi Rédigé le 23/01/2011 (dernière modification le 21/01/2011)

Navi Pillay, la Haut commissaire des Nations-Unies aux droits de l'homme, a annoncé ce mercredi qu'une équipe d'experts de l'ONU serait envoyée en Tunisie dans moins d'une semaine. Cette démarche aura pour but d'évaluer la situation de droits de l'homme et permettra de discuter avec le gouvernement provisoire.


Navi Pillay, Haut commissaire des Nations-Unies aux droits de l'homme. Photo (c) Antônio Cruz / Agência Brasil
"Les violations des droits de l'homme étaient au cœur des problèmes de la Tunisie, donc ces droits fondamentaux doivent être au cœur de la solution à ces problèmes", a insisté N. Pillay lors d'une conférence de presse à Genève en Suisse. "J'ai exprimé mon soutien au peuple de Tunisie et discuté de mes intentions d'envoyer une équipe d'experts de haut niveau dans ce pays afin de mener une évaluation des priorités sur la situation des droits de l'homme".

Radhouane Nouicer, le ministre tunisien des Affaires étrangères par intérim, a accepté le principe d'une mission. Dès la semaine prochaine, l'équipe des experts devrait rencontrer les autorités provisoires.

"Il s'avère essentiel, que nous, la communauté internationale, donnions notre soutien intégral à cet appel pour la liberté et au respect total des droits de l'homme pour tous en Tunisie. Les droits de l'homme sont au cœur des développements extraordinaires qui ont culminé jusqu'au départ de l'ancien président Ben Ali. Nous espérons tous que cela sera le début d'une nouvelle Tunisie où les populations sont libres de vivre sans arrestations arbitraires, détentions, tortures ou d'autres formes de violations", explique la Haut commissaire aux droits de l'homme. "Une Tunisie où la presse est libre et où le peuple peut exprimer ses opinions sans peur. Une Tunisie où le gouvernement gouverne pour le bénéfice économique et social de la population, plutôt que de détenir le pouvoir et d'enrichir les dirigeants et leurs familles. Une Tunisie où les individus peuvent participer à des élections sans peur de représailles, où le peuple peut librement choisir ses représentants et où tous les Tunisiens peuvent être confiants sur les élections", a-t-elle ajouté.

Navi Pillay a également exprimé ses condoléances aux familles des plus de 100 Tunisiens décédés dans les affrontements violents de ces cinq dernières semaines. Dès lundi prochain, elle rencontrera un groupe de sept organisations non gouvernementales travaillant sur la Tunisie pour écouter leurs propositions et recommandations.
Les décisions du gouvernement provisoire de mettre en place deux commissions d'enquête sur les violations des droits de l'homme et la corruption et une troisième sur la réforme politique ont également été saluées par la chef des droits de l'homme de l'ONU.

"Il est également important que dans le même temps, la population ne fasse pas justice par elle-même. Les problèmes relatifs à la justice et les tribunaux équitables ont besoin d'être réglés, et pas sapés par d'autres actes de violences", a-t-elle précisé. Elle a aussi estimé "essentiel que les autorités provisoires agissent scrupuleusement selon les standards internationaux qui régissent l'instauration de l'état d'urgence. Les autorités ne peuvent pas suspendre les droits fondamentaux, comme le droit à la vie, l'interdiction de la torture et d'autres mauvais traitements ou les principes fondamentaux d'un procès équitable et de liberté".

En guise de conclusion N. Pillay a insisté sur le fait qu'elle suivrait de près la Tunisie afin de rétablir les droits de l'homme. "Je continuerai à suivre de près la situation en Tunisie et de tout faire pour garantir que les aspirations des droits humains du peuple tunisien soient finalement réalisées et que leurs sacrifices ne soient pas vains", a-t-elle déclaré.





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