Un musée de saison


Par Rédigé le 02/11/2020 (dernière modification le 02/11/2020)

Depuis 1967, il existe à Vienne un musée entièrement consacré aux pompes funèbres. Ce fut d’ailleurs le premier au monde à exposer une collection de cercueils et à revenir sur les pratiques funéraires.


Le cimetière central de Vienne (c) Par dana j — Flickr.commons.wikimedia.org

Le cimetière central de Vienne.m4a  (1.81 Mo)

Ses 300 m2 sont installés au sous-sol d'une chapelle ardente Art déco dans le Zentralfriedhof, cimetière central, de la capitale autrichienne. Le parcours, "imaginé comme une cérémonie funéraire" selon la directrice Helga Bocken comporte cinq étapes, le décès, le deuil, la cérémonie, la mise sous terre et le souvenir.

Plus de 250 illustrations et objets originaux y sont exposés, dont un fourgon datant des années 1900 ou bien encore une facture provenant de la cour impériale et mentionnant les coûts du rapatriement et des funérailles de l'archiduc et héritier du trône François-Ferdinand et de son épouse Sophie de Hohenberg, assassinés tous les deux à Sarajevo en 1914.

Jusqu’à ces derniers mois, de nombreux touristes venus de divers pays visitaient ce lieu original. Evidemment, il n’en est plus rien actuellement avec la pandémie et la fermeture des frontières, les Autrichiens se retrouvent donc seuls… enfin jusqu’au 1er novembre seulement puisqu’il se dit que là-bas aussi on confine.

Actuellement s’y tient une exposition temporaire consacrée à Beethoven à l'occasion du 250e anniversaire de sa naissance à Bonn le 15 ou 16 décembre 1770. Rien sur la vie de l’illustre compositeur allemand, mais son masque mortuaire et la description précise de son agonie liée à une maladie que l’on n’a toujours pas vraiment définie. Il est mort le 26 mars 1827.

Dans ce cimetière, le plus grand d’Europe, environ trois millions de personnes reposent dans 300.000 tombes sur 5 km2. On y trouve les tombes de célébrités, parmi elles un très grand nombre de compositeurs, ce qui ne surprendra personne. Citons notamment celles de .Johannes Brahms; Christoph Willibald Gluck; Emmerich Kálmán; György Ligeti; Wolfgang Amadeus Mozart, c'est en réalité un cénotaphe qui rappelle sa mémoire car il fut enterré dans la fosse commune d'un autre cimetière; Antonio Salieri; Arnold Schönberg; Franz Schubert et plusieurs membres de la famille Strauss. Mais aussi celles de l’acteur Curd Jürgens, du réalisateur Georg Wilhelm Pabst, des cantatrices Leonie Rysanek, et Lotte Lehmann. On remarque encore la tombe de Wolf Albach-Retty père de Romy Schneider et celle de l'écrivain Franz Werfel, le troisième mari d’Alma Mahler.

Sarah Hierhacker, chargée des relations publiques révèle qu'avec le coronavirus, les gens se sont mis à réfléchir plus fortement à la manière dont ils voudraient être enterrés. La boutique du musée propose tout un ensemble d’objets en rapport naturellement avec la mort, par exemple des Lego permettant de "jouer à la mort", des masques en tissu sur lesquels il est inscrit "Les coronasceptiques libèrent des emplois". "On en a imprimé 3.000 mais on a eu 7.000 demandes", confie Sarah Hierhacker à ceux qui sont déçus de repartir bredouilles… Un visiteur sans doute amateur d’humour noir demande si la ville va remettre en service le "tramway corbillard". Ce dernier, au plus fort de la grippe espagnole en 1918, transportait les corps. Son trajet a été repris par l’actuel tramway de la ligne 71. Aussi à Vienne si on dit que quelqu’un a pris le 71, on comprend ce qui lui est arrivé!!!





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