Université de Douala : étudiantes le jour et prostituées la nuit


Par Rédigé le 10/02/2011 (dernière modification le 17/04/2018)

Elles sont nombreuses ces étudiantes belles et pleine d’ambition qui sont obligées de financer leurs études universitaires en se prostituant dans les rues de Douala.


Illustration (c) Art-Stok
Le ciel s’est déjà assombri ce mardi 25 janvier 2011, il est à peine 20 heures et toutes les étudiantes de la mini cité du fin goudron Essec ont regagné leurs chambres. A l’exception d’une seule, Marie Paule.
A peine rentrée de la fac, elle n’a eu que le temps de répondre à un coup de fil d’un gérant d’hôtel de la place. Ce dernier l’informe de l’arrivée de quelques "Blancs" à l’hôtel.
Mis à ses trousses grâce à l’espionnage d’une de ses camarades, nous nous rendons à l’hôtel pour découvrir ce business apparemment rentable.

Mini-jupe noire, décolleté laissant entrevoir son nombril, le tout couronné par des maquillages bien assortis, la jeune demoiselle arrive au hall de l’hôtel. A cet endroit l’attend un monsieur de race blanche. Un bref échange suffit pour s’entendre sur le prix et les deux "amoureux" empruntent l’ascenseur de l’hôtel pour arriver à une chambre.
Restés au hall de l’hôtel, nous attendons son retour. Entretemps nous échangeons avec ses "collègues" qui y attendent. Elles nous disent qu’elles attendent impatiemment des clients, qu’elles sont pour la plupart étudiantes comme Marie Paule.
"Je n’ai trop de choix, le pays est devenu dur et le travail on n'en trouve pas ; je dois payer ma scolarité (50.000 F CFA) rapidement sinon je ne vais pas participer aux examens du premier semestre" nous dit l’une d’elles.
Moins de quarante minutes d’attente et voilà Marie Paule qui nous revient avec un large sourire. "Mama tu as pointé !!!!" lui lance l’une d’elle.
"Ahhhhh !!! Combien même ??? Les Blancs là sont devenus durs ????!!!" répond-t-elle.

Se tenant discrètement à l’écart, nous l’entendons dire qu’elle n’a eu que 60.000 milles francs CFA et qu’il faut encore un deuxième client pour achever sa soirée. Elle a trop de soucis ces derniers temps, ajoute t-elle, car non seulement elle doit payer son loyer mais en plus il faut acheter le fascicule de mathématiques.

Se prostituer la nuit pour assurer ses études le jour, voilà donc l’équation grâce à laquelle certaines étudiantes de l’université de Douala survivent.
Espérons que dans ce combat pour la survie, les deux parties prennent au moins le soin de se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles.



Correspondant du Podcast Journal au Cameroun En savoir plus sur cet auteur


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