Van Dongen et le Bateau-Lavoir

La chronique culturelle de Colette


Par Rédigé le 30/03/2018 (dernière modification le 30/03/2018)

C’est l’exposition que le Musée de Montmartre présente jusqu’au 26 août 2018. Dans un cadre charmant où plane encore le souvenir d’Auguste Renoir qui y eut un atelier ou de Suzanne Valadon qui y vécut avec son fils Maurice Utrillo.


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Elle est organisée dans le cadre de l’année culturelle néerlandaise en France "Oh! Pays-Bas" par les deux commissaires, Anita Hopmans, spécialiste de Van Dongen au RKD - Institut néerlandais d’Histoire de l’Art à La Haye et Saskia Ooms, responsable de la conservation au Musée de Montmartre.
Le Bateau-Lavoir était situé tout près de l’actuel Musée de Montmartre, il fut le berceau de l’art moderne où se sont croisés Picasso qui y a peint en 1907 "Les Demoiselles d’Avignon", Derain, Vlaminck, Matisse, Modigliani aussi bien qu’Apollinaire ou Max Jacob pour ne citer qu’eux. C’est dans son atelier du Bateau-Lavoir que Picasso avait organisé en mars 1908 son célèbre banquet en l’honneur du Douanier Rousseau.
Le jeune Cornelis Theodorus Marie van Dongen qui deviendra Kees van Dongen, arrive de Delfshaven, faubourg de Rotterdam où il est né le 26 janvier 1877 et pour son second séjour à Paris, y réside à partir de la fin de l’année 1905 jusqu’au début 1907. Cela sera déterminant pour sa carrière. Le Bateau-Lavoir qui disparut dans un incendie en 1970, était un de ces modestes logis d’artistes qui proliféraient sur la Butte Montmartre mais avec quelque chose de plus. Une sorte de baraquement divisé en ateliers, au rez-de-chaussée mais aussi au troisième étage donnant sur une rue en pente avec un seul point d’eau au pied de l’escalier. C’est Max Jacob qui l’aurait baptisé ainsi en voyant du linge à sécher…

L’exposition se déroule en cinq parties correspondant aux grandes périodes de la création de Kees Van Dongen. Grâce à quelque 65 œuvres provenant de collections privées et de musées d’Allemagne, de Belgique, de France, de Monaco et des Pays-Bas, elle conduit le visiteur des débuts plus ou moins difficiles de l’artiste sur la Butte jusqu’à la gloire durant les Années folles, avec les portraits de célébrités et le tourbillon des fêtes mondaines qu'il affectionnait. En passant par le fauvisme et l’illustration. Domaine qu’il connaissait particulièrement et qui l’avait amené à collaborer à quelques journaux satiriques, Gil Blas, Le Rire, ou L'Assiette au Beurre. Ce qui le fera remarquer et participer à une exposition à la Galerie Ambroise Vollard en 1904. A cette époque, Van Dongen réalise des tableaux représentant des vues de Montmartre, le Moulin Rouge, le Sacré-Cœur entre autres, ainsi que la vie nocturne de ce quartier avec ses danseurs, les acrobates de cirque et de music-hall. Il a pour modèle Fernande Olivier la compagne de Picasso.
A la fin du parcours est exposée une série de lithographies au format 19×14 cm, réalisée pour l’ouvrage de Roland Dorgelès "Au beau temps de la Butte" paru en 1949 à la Nouvelle librairie de France. L’ancien anarchiste qui dans sa jeunesse avait illustré des œuvres de Kropotkine, était devenu français le 31 janvier 1929. En avril 1951, il achète une villa à Monaco où il s’installe avec sa seconde épouse. Il la baptisera "Le Bateau-Lavoir" et s’y éteindra le 28 mai 1968. On comprendra aisément que sa mort en cette période agitée, soit passée relativement inaperçue…

Parallèlement, le Petit Palais présente en collaboration avec le musée Van Gogh d’Amsterdam et le RKD de la Haye, une grande exposition consacrée aux échanges artistiques, esthétiques et amicaux entre les peintres hollandais et français à Paris, de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle: "Les Hollandais à Paris, 1789-1914 Van Gogh, Van Dongen, Mondrian", jusqu'au 13 mai 2018.

Musée de Montmartre
12-14, rue Cortot 75018 Paris
Ou­vert tous les jours de 10 à 19h

Petit Palais
Avenue Winston Churchill 75008 Paris
Du mardi au dimanche de 10 à 18h, nocturne le vendredi jusqu'à 21h






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