Y a-t-il un journalisme politique sans engagement?


Par Rédigé le 28/02/2014 (dernière modification le 26/02/2014)

Considéré dans certains milieux encore comme le héraut de la liberté d’expression, les journalistes en général - et principalement les journalistes politiques - font l’objet de contestations tant sur leur impartialité que sur l’exposition publique de leur chapelle politique. Manipulés ou crédibles, sont-ils vraiment sans engagement?


La dépendance des politiques est-elle trop forte?

Le journaliste politique est-il vraiment impartial? Photo libre de droits.

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Dans nos sociétés actuelles, identifier la ligne éditoriale du média qui emploie un journaliste avant de porter du crédit à ses écrits ou ses propos est courant. Nombreux sont qui croient à la maxime selon laquelle le journaliste politique est le reflet du positionnement du média qui l’emploie.

Plusieurs paramètres malheureusement interagissent pour donner sens à cette réflexion. En effet, outre la ligne éditoriale, le contrôle des sociétés de presse par de grands groupes financiers ou mécènes fortunés - qui eux ont des affinités évidentes avec les politiques -, modifient la structure économique des médias.

En outre, le lien entre les journalistes et les politiques au-delà de leur parcours social, idéologique, estudiantin similaires, des liens amicaux ou amoureux peuvent naître entre eux. Dans son livre "Sexe, mensonges et médias" le journaliste Jean Quatremer met en évidence cette proximité média-ministériel. Les couples Sapin/de Senneville, Peillon/Bensahel sont des exemples de la symbiose amoureuse du monde journalistique et la politique.

Aussi, loin d’être un secret de polichinelle, le magazine Media a révélé que 74% des journalistes ont voté Hollande au second tour des dernières élections présidentielles… La suite on la connait. Les journalistes pour certains revendiquent publiquement leur appartenance politique, Eric Brunet en est un exemple épatant. Tout cet environnement ne rend pas forcement service à l’objectivité du journaliste politique. Pour l’opinion, ils maquillent les faits pour habiller le discours mensongers des politiques. En revanche, dans bien des cas, leurs écrits ne plaident pas en faveur des politiques.


Un sacerdoce journalistique: le caractère sacré des faits

L’éthique journalistique lui impose de respecter le principe de l’objectivité: disséquer les faits et s’en tenir qu’aux faits. La présence des réseaux sociaux dans la sphère médiatique et sa rapidité informationnelle imposent aux journalistes politiques de se vêtir d’une impartialité pour exister. Exister sur la base d’articles d’actualités justes et pertinents pour être crédible auprès de ses paires et du public, ce qui garantirait par ricochet la rentabilité de son organe de presse.

Bien qu’étant indexé de Gauche, les couvertures de certains journaux sont sans pitié pour le parti socialiste alors que le contraire aurait été une évidence. Certaines Unes du journal Le Point sont sans équivoque quant à leur liberté éditoriale, parlant de la politique de François Hollande "Pépère est-il à la hauteur?" ou encore "On arrête avec les bêtises". le Nouvel Observateur et l’Express ne sont pas en marge de ses Unes décoiffantes: "La Gauche piégé par l’argent", "Monsieur faible"...

L’obstination de certains journalistes politiques comme Edwy Plenel et son journal Mediapart a secoué toute la France. Sa dénonciation de la fraude fiscale de Cahuzac, les révélations des affaires Karachi, Woerth-Bettencourt et le supposé abus de confiance de Nicolas Sarkozy à l’encontre de Mme Béthencourt sont des éléments tangibles de l’engagement des journalistes politiques français.
De Libération en passant par Le Figaro, du Nouvel Observateur à Marianne, l’éthique déontologique de nos journalistes politiques est, pour la plupart, intacte.

Même si le journalisme politique pourrait être influencé à plusieurs niveaux, il n’en demeure pas moins qu’il reste impartial. Mais que comprendre quand la journaliste Valérie Trierweiler, l’ex-compagne du chef de l’État dit, parlant de revenir au journalisme politique, "je n'en ai pas envie et ce serait trop compliqué".





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