Avant le second tour, le vote fait débat


Par Rédigé le 06/05/2017 (dernière modification le 04/05/2017)

À la veille du second tour de l'élection présidentielle française, et alors qu’ils représentent un grand nombre d’électeurs, un même sentiment réuni jeunes fillonistes et mélenchonnistes: celui de la difficulté à se tourner vers l’ennemi commun, Emmanuel Macron.


Illustration. Image du domaine public.

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Après l’avoir fustigé tout au long de la campagne, François Fillon a été l’un des premiers à donner une consigne de vote pour le candidat d’En Marche le soir du premier tour, plongeant ses sympathisants dans le doute. "Honnêtement j’y ai cru jusqu’au bout pour François Fillon. Ça été très dur de s’apercevoir qu’il ne serait pas au second tour. Et à vrai dire je n’avais pas réfléchi à l’hypothèse d’un choix entre Macron et Le Pen", confie Augustin, étudiant en deuxième année de droit qui soutennait le candidat Les Républicains sans relâche depuis les primaires. "Se dire qu’on va voter pour un candidat qui est dans la droite ligne de la politique de François Hollande, c’est dur. Mais que voulez-vous, nous sommes un parti républicain. Nous devons faire vivre les valeurs républicaines aux dépens de certaines de nos idées", renchérit le jeune militant. Pour lui l’essentiel est de faire vivre la démocratie, au-delà de certaines idées partisanes: "la période dans laquelle nous sommes nous oblige à réagir et à faire bloc face à la montée des extrémismes".

Dimanche 7 mai 2017, Augustin ira voter Emmanuel Macron avec amertume.


Quelle résistance pour les "résistants"?

À l’heure où Jean-Luc Mélenchon n’a toujours pas pris position quant à son vote pour le second tour, le débat fait rage au sein des Insoumis. Doivent-ils mettre en avant l’abstention pour se faire entendre, quitte à favoriser le Front national dans la course à l’Élysée? Ou doivent-ils à tout prix mettre en place un front républicain pour résister au parti nationaliste, quitte à mettre de côté certaines idées sociétales?

Mathilde, étudiante en master d’Histoire, a voté pour Jean-Luc Mélenchon le 23 avril 2017. Face à la situation qu’a prise l’élection présidentielle elle explique: "Pour le second tour j'avoue être perdue. Il y a une chose qui est sure c'est qu'il va falloir lutter, se battre, descendre dans la rue pour nous faire entendre parce que ça fait bien longtemps que notre voix ne se fait plus entendre par les urnes. On est sûr de rien, mais ce qui est sûr c'est qu'on va en prendre plein la tronche". Chacun définira donc sa "résistance" comme il l’entend. Voter Macron puis contester par la rue ou contester en s’abstenant. Pour le dimanche 7 mai 2017, Nina hésite encore entre deux.

Tout semble une question de point de vue aux arguments construits et légitimes, propres à chaque pensée politique. Pour certains, ce vote du second tour oppose le capitalisme au nationalisme. Pour d’autres, c’est la démocratie contre une forme de dictature. Selon l’essayiste Raphaël Glucksmann, "le vote Macron est conservateur et non pas révolutionnaire, mais il nous permettra de préserver une société ouverte et démocratique où l’on peut débattre d’un projet alternatif". Réponse le 7 mai 2017 au soir.







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