Cameroun: "SOS manuels scolaires"!


Par Rédigé le 02/09/2019 (dernière modification le 02/09/2019)

Les élèves iront en classe en cette rentrée scolaire mais il n’y aura pas assez ou pas du tout de livres pour eux. C’est la triste réalité dans plusieurs établissements scolaires à Douala. Une situation révoltante qui incite bon nombre de jeunes à agir.


Au Cameroun, en moyenne, onze élèves doivent partager le même manuel de lecture selon l'Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). En dépit de la volonté des écoliers d’apprendre, les manuels scolaires sont une denrée rare.
Cet état de fait n’est pas nouveau. En effet, durant plus de dix ans, six livres par matière sont inscrits au programme d’étude. Entrainant de ce fait, de lourdes dépenses pour les familles et suscitant des « arrangements » entre les responsables chargés de l’agrément et les éditeurs. Ces derniers cherchant à se placer sur le marché évalué à plus de 150 millions d’euros.

Pour l’année scolaire 2018-2019, le gouvernement avait lancé une importante réforme du système éducatif. Objectif : passer de six à un seul ouvrage par discipline pour une durée de six ans.
 

Une école, une bibliothèque

projet de bibliothèques.mp3  (3.56 Mo)

Indignée par la situation qui perdure, l’association des Jeunes ressortissants du village Hikoa malep (JRHM) a décidé de prendre le problème à bras le corps. Elle décide alors de lancer un « SOS manuels scolaires » pour la création de bibliothèques dans des écoles publiques. "Nous avons constaté lors de notre passage dans un établissement scolaire, que les élèves, malgré; leur volonté de lire, n’ont pas de livres. Il n’existe pas de bibliothèque au sein de l’établissement" nous confie Salomon Malang, président du groupement.

Pour cette rentrée scolaire, trois établissements publics ont été retenus pour le projet : l’école publique de Massa koutweita dans le département de Mayo dani ; Hikoa malep dans le département de Kelle et une troisième école qui pour des raisons politiques a décidé de garder l’anonymat.Même si 17 écoles publiques étaient dans le besoin, il n’y avait que ces trois qui répondaient aux critères de sélection à savoir : être dans un département où l’éducation n’est pas accessible notamment pour la jeune fille et avoir au moins deux enseignants.

Une initiative qui est bien appréciée et encouragée. "Chaque année, on change de livres. A notre époque, plusieurs enfants pouvaient utiliser le même livre durant plusieurs années. Par ailleurs, nous avions des bibliothèques gratuites au sein de l’établissement, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. L’action de l’association nous sera d’une grande aide" affirme Mananga, parent d’élève.

L’accès de ces bibliothèques sera gratuit et ouvert à tous. Ce projet contribuera à l’alphabétisation de plus d’une dizaine de jeunes filles de 10 à 18 ans. Notons que le taux d’alphabétisation du pays était de 75% en 2015. Des chiffres révélateurs sur l’état de scolarisation dans cette partie de l’Afrique subsaharienne.

Ps: vous souhaitez contribuer à la concrétisation de ce projet? n'hésitez pas à contacter l'association (https://www.facebook.com/Soutenons2/)






Autres articles dans la même rubrique ou dossier: